« Je recommencerai » : cette mamie de 78 ans a jeté un nid de guêpes chez les squatteurs de sa maison
Une histoire qui révèle les absurdités de la loi espagnole sur les « okupas » et les désarrois des propriétaires.
👵 L’histoire qui a fait le tour de l’Espagne
En août 2025, Montserrat Riera, 78 ans, rentre de vacances — les premières depuis plus de cinquante ans — et découvre que sa maison de Sant Martí de Tous, en Catalogne, a été squattée. Les serrures ont été changées. Cinq personnes occupent son logement.
Son « sang ibérique ne fait alors qu’un tour », raconte Le Figaro. Plutôt que d’attendre une procédure judiciaire qu’elle sait interminable, elle repère un nid de guêpes dans un arbre proche, s’en empare et le projette à l’intérieur de sa propre maison par une fenêtre entrouverte. Plusieurs squatteurs sont piqués.
Son message est sans appel : « Je ne voulais pas leur faire de mal, mais c’est ma maison. Qu’ils partent. Sinon, je recommencerai, avec des guêpes, des abeilles ou n’importe quel insecte. »
Problème : les squatteurs ne sont pas partis. Pire : ils ont porté plainte contre elle.
« Je ne pouvais pas rester les bras croisés. C’est ma maison, mes souvenirs. La justice est trop lente. »
— Montserrat Riera, à La Dépêche
⚖️ Le paradoxe juridique espagnol : pourquoi la justice protège les squatteurs
Cette affaire, reprise par Le Parisien, Ouest-France et La Dépêche, illustre un paradoxe juridique qui concerne des milliers de propriétaires en Espagne.
La distinction fatale : résidence principale vs résidence secondaire
En Espagne, la qualification juridique de l’occupation change tout. Lorsqu’un logement squatté est la résidence principale du propriétaire, l’affaire est qualifiée de violation de domicile — un délit pénal qui permet une expulsion rapide.
Mais lorsque le bien est une résidence secondaire — comme c’est le cas de Montserrat Riera, dont la maison est officiellement au nom de son fils Jordi, qui vit à Barcelone et possède déjà un autre bien — l’occupation est qualifiée d’« usurpation » (art. 245 du Code pénal espagnol). Un délit mineur.
Conséquence : le propriétaire ne peut pas bénéficier d’une procédure d’expulsion accélérée. Il doit engager une procédure civile longue, qui peut durer de 8 à 24 mois.
La réforme de 2025 : une avancée insuffisante
Le 3 avril 2025, l’Espagne a adopté une nouvelle loi anti-« okupas » permettant d’expulser un squatteur en 48 heures en cas de flagrance, ou en 15 jours dans les cas clairs.
Mais cette réforme ne s’applique pas aux résidences secondaires. Pour Montserrat Riera, la loi de 2025 n’a rien changé. Elle doit attendre.
La réforme de 2026 : un espoir ?
Le 25 mai 2026, le Congrès espagnol a approuvé une nouvelle loi organique contre l’occupation illégale (171 voix pour, 164 contre). Cette réforme prévoit :
- L’expulsion en 24 heures pour tout logement occupé sans titre
- Des peines de 6 à 18 mois de prison pour occupation sans autorisation
- La possibilité pour les copropriétés d’agir directement
🇫🇷 Et en France, qu’en est-il ?
La situation française, bien que différente, n’est pas plus rassurante pour les propriétaires.
La loi anti-squat de 2025
Depuis le 1er janvier 2025, la loi française distingue clairement les squatteurs des locataires : la trêve hivernale ne protège plus les squatteurs. La procédure administrative d’expulsion a été accélérée, avec un délai de réponse préfectoral de 48 à 72 heures.
Le problème persistant
Mais comme en Espagne, la résidence secondaire reste une zone grise. Les propriétaires de biens inoccupés doivent engager une procédure civile, qui peut prendre des mois.
« Forcer l’éviction sans autorisation juridique constitue une infraction pénale et expose le propriétaire à des poursuites, même si l’occupation est illégale. »
— Avocat spécialisé en droit immobilier
Des témoignages poignants
En France aussi, des propriétaires désespérés racontent leur calvaire. À Lyon, Benoît est victime d’occupants qui squattent son logement depuis près d’un an. Une maison familiale estimée à plus de 600 000 € a été occupée pendant 7 mois par plus de 100 personnes.
🐝 Le geste de Montserrat Riera : illégal mais compréhensible ?
Ce que dit la loi
En Espagne comme en France, il n’est jamais recommandé de se faire justice soi-même. Le geste de Montserrat Riera — jeter un nid de guêpes dans un logement occupé — est :
- Pénalement répréhensible : mise en danger de la vie d’autrui, violences volontaires
- Civilement dangereux : elle s’expose à des dommages et intérêts
Ce que dit le cœur
Pourtant, qui peut la blâmer ? À 78 ans, elle se retrouve privée de sa maison, de ses souvenirs, de sa vie. Les squatteurs, eux, se considèrent désormais « chez eux ». L’absurdité de la situation est totale.
📊 Tableau comparatif : Espagne vs France
| Critère | Espagne | France |
|---|---|---|
| Qualification juridique | Usurpation (rés. secondaire) / Violation de domicile (rés. principale) | Violation de domicile |
| Délai expulsion (rés. principale) | 48h (flagrance) / 15 jours | 48-72h |
| Délai expulsion (rés. secondaire) | 8 à 24 mois | Procédure civile longue (plusieurs mois) |
| Peine encourue | 6 à 18 mois de prison | 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende |
| Réforme en cours | Loi organique 2026 (expulsion en 24h) | Loi anti-squat 2025 (délai 48-72h) |
| Protection du propriétaire | Faible pour les résidences secondaires | Améliorée depuis 2025 |
🏠 Ce qu’il faut retenir (checklist actionnable)
Si vous possédez une résidence secondaire en Espagne ou en France :
- Assurez-vous : souscrivez une assurance spécifique contre le squat
- Sécurisez : installez des serrures renforcées, un système d’alarme
- Surveillez : faites visiter régulièrement votre bien par un voisin ou un gardien
- Agissez vite : en cas de squat, portez plainte immédiatement
- Ne vous faites pas justice vous-même : vous seriez en tort, même si vous êtes dans votre bon droit
- Renseignez-vous : consultez un avocat spécialisé dans le pays concerné
- Anticipez : si vous laissez votre bien vide longtemps, envisagez une location saisonnière pour éviter l’occupation
📰 Actualité 2025-2026 : une prise de conscience européenne
L’affaire Montserrat Riera a relancé le débat sur les lois anti-squat dans toute l’Europe. En Espagne, des rassemblements ont été organisés devant la mairie de Sant Martí de Tous pour demander une réforme des lois.
En France, une proposition de loi visant à créer un Fonds d’indemnisation des propriétaires victimes de squats (FIPS) a été déposée à l’Assemblée nationale en décembre 2025.
Le phénomène du squat touche désormais toutes les classes sociales. Il n’est plus seulement un problème de « mal-logés », mais une véritable industrie organisée, parfois mafieuse.
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❓ FAQ – Tout savoir sur cette affaire et les lois anti-squat
30 questions
Retrouvez ici toutes les réponses aux interrogations que vous vous posez sur le squat, la justice espagnole et le geste de Montserrat Riera.
Une retraitée catalane de 78 ans qui a découvert sa maison squattée à son retour de vacances en août 2025 et a lancé un nid de guêpes pour tenter de déloger les occupants illégaux.
À Sant Martí de Tous, un petit village de Catalogne, près de Barcelone.
Cinq personnes s’étaient installées illégalement dans la maison.
La maison était officiellement au nom de son fils Jordi, qui vit à Barcelone et possède déjà un autre bien.
La violation de domicile concerne les résidences principales et permet une expulsion rapide. L’usurpation concerne les résidences secondaires et nécessite une procédure civile longue.
En cas de flagrance, 48 heures. Dans les cas clairs, 15 jours.
Entre 8 et 24 mois de procédure civile.
Non, car elle ne concerne que les résidences principales.
Elle a jeté un nid de guêpes à l’intérieur de sa maison par une fenêtre entrouverte.
Oui, plusieurs squatteurs auraient été piqués lors de l’incident.
Oui, ils envisagent de porter plainte contre Montserrat Riera.
Elle s’expose à des poursuites pénales pour mise en danger d’autrui et violences volontaires.
Non, elle a été approuvée en première lecture le 25 mai 2026 mais doit encore passer la phase d’amendements.
L’expulsion en 24 heures, des peines de 6 à 18 mois de prison et la possibilité pour les copropriétés d’agir directement.
La loi anti-squat de 2025 permet une expulsion en 48 à 72 heures pour les résidences principales, mais les résidences secondaires restent problématiques.
Non, depuis le 1er janvier 2025, la trêve hivernale ne protège plus les squatteurs.
Un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.
Non, se faire justice soi-même constitue une infraction pénale.
Porter plainte immédiatement, engager une procédure administrative ou judiciaire, et ne pas tenter d’expulsion par ses propres moyens.
Oui, des assurances spécifiques existent, notamment en Espagne pour les résidences secondaires.
Installer des serrures renforcées, un système d’alarme, et faire visiter régulièrement le bien.
Oui, certaines occupations sont le fait de réseaux organisés, parfois mafieux.
Il qualifie l’occupation illégale d’un bien non résidentiel de délit d’usurpation.
Non, l’usucapion (prescription acquisitive) ne s’applique pas en cas d’occupation illégale sans titre.
De 8 à 24 mois pour les résidences secondaires.
Elle s’est améliorée depuis 2025, mais reste lente pour les résidences secondaires.
Une proposition de loi française prévoit un Fonds d’indemnisation des propriétaires victimes de squats (FIPS).
Par désespoir, face à l’inefficacité des procédures judiciaires et à la lenteur de la justice.
Oui, elle a été reprise par de nombreux médias français et espagnols.
Elle est prête à recommencer avec d’autres insectes pour récupérer sa maison.
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