Propriétaire ruiné par un squatteur : l’histoire qui réveille la peur de milliers de Français
Pourquoi le squat fait-il si peur en France ?
En janvier 2026, un sondage Ipsos révèle que 70 % des propriétaires redoutent de voir leur bien occupé sans autorisation. Pourtant, le phénomène reste statistiquement marginal. Selon Challenges, seulement 124 cas étaient recensés en 2021. Mais les chiffres explosent depuis : entre 6 000 et 7 000 logements seraient concernés en 2026, selon le Journal du Dimanche.
L’Île-de-France concentre près de la moitié des cas nationaux. Là-bas, le risque perçu est presque deux fois plus élevé qu’ailleurs. C’est dans ce contexte tendu qu’un propriétaire comme Richard S. bascule dans la désespérance.
Quand la loi ne suffit plus : le cas de Richard S.
Richard S., habitant de Nice, louait un loft de 60 m² à un couple pour 2 000 € par mois. Tout semblait normal… jusqu’au jour où il découvre les serrures changées et un chien installé dans son propre appartement. “Je m’étais fait avoir !”, confie-t-il, impuissant.
Face à l’immobilisme administratif, il choisit une voie illégale : il paie un homme en liquide pour intimider le locataire. Une décision qu’il assume, mais qui lui coûte cher. “Dans la légalité, je récupère mon appartement avec 150 000 € de travaux et 3 000 € d’avocats”, justifie-t-il.
Le drame bascule lorsqu’il profère des menaces de mort. Jugé en 2025, il écope de 4 mois de prison avec sursis. Son histoire illustre un paradoxe cruel : victime d’un squatteur malveillant, il devient lui-même coupable aux yeux de la loi.
Les deux visages du squat en France
Il ne faut pas confondre tous les cas d’occupation illégale. Certains découlent d’une détresse sociale : des personnes sans toit occupent des biens vides par nécessité. D’autres relèvent d’une stratégie délibérée : refus de quitter les lieux après un bail, ou intrusion organisée dans un bien vacant.
Depuis la loi antisquat de 2023, portée par Aurore Bergé et Guillaume Kasbarian sous le gouvernement d’Élisabeth Borne, les délais d’expulsion ont été raccourcis. Mais sur le terrain, les propriétaires dénoncent encore des procédures longues, coûteuses et parfois inefficaces.
Comment se protéger efficacement aujourd’hui ?
Prévenir vaut mieux que guérir. Voici les mesures clés recommandées :
- Ne jamais laisser un bien vacant plus de quelques semaines sans surveillance.
- Installer des serrures sécurisées et des systèmes d’alarme connectés.
- Signer des baux clairs avec clauses de résiliation rapide en cas de défaut.
- Agir dans les 48 heures dès les premiers signes d’intrusion illégale.
Car au-delà des dommages matériels — souvent colossaux —, c’est la santé mentale des propriétaires qui est mise à rude épreuve. Le stress, l’insécurité, l’impuissance… autant de blessures invisibles mais durables.
