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Pascal Praud sous le feu des critiques après des propos perçus comme racistes sur CNews

Mardi 13 janvier 2026, une séquence de l’émission de Pascal Praud sur CNews a déclenché une vive polémique. Alors qu’il commentait les affrontements entre agriculteurs et forces de l’ordre à Paris, l’animateur a affirmé : « Les gens en face sont blancs. C’est important de le dire, parce que ce n’est pas facile pour les policiers. » Une remarque immédiatement interprétée comme raciste par plusieurs élus de gauche, qui ont annoncé des saisines de la justice et de l’Arcom. Ce n’est pas la première fois que les propos de l’animateur suscitent l’indignation — mais cette fois, la réaction est institutionnelle, rapide, et unanime.

Des propos jugés inacceptables par la classe politique

 

Face à ces déclarations, les réactions n’ont pas tardé. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a dénoncé « une extrême droite totalement décomplexée », tandis que Manuel Bompard, porte-parole de La France insoumise, a qualifié les propos de « racistes inacceptables ». Il a confirmé la saisine du procureur de la République et du régulateur audiovisuel.

L’élue écologiste Sophie Taillé-Polian, membre de la commission des affaires culturelles à l’Assemblée nationale, a elle aussi condamné l’intervention. Elle a rappelé que CNews est une « chaîne multicondamnée » et s’est interrogée sur l’inaction persistante de l’Arcom face à de tels contenus.

Le contexte invoqué par Pascal Praud

En réponse au tollé, Pascal Praud a publié un message sur X (anciennement Twitter), affirmant que sa séquence avait été « sortie de son contexte ». Selon lui, son commentaire faisait suite à une discussion sur les propos tenus par Assa Traoré lors d’un débat à l’Assemblée nationale, où elle évoquait un « racisme systémique » au sein de la police.

L’animateur assure aujourd’hui que « les policiers font leur travail quelle que soit la couleur de peau ». Pourtant, ses mots initiaux — soulignant la difficulté supposée pour des agents d’intervenir contre des manifestants partageant leurs « origines » — semblent contredire cette rectification. Et c’est précisément ce type de raisonnement qui alimente les critiques sur le racisme institutionnel dans les forces de l’ordre.

Un débat plus large sur les contrôles au faciès

Cette controverse ne surgit pas dans le vide. En juin 2025, un rapport commandé par la Défenseure des droits, Claire Hédon, concluait sans ambiguïté : les jeunes perçus comme noirs, arabes ou maghrébins restent « surexposés » aux contrôles d’identité et aux comportements non professionnels de la part des forces de sécurité.

Les images d’agriculteurs — majoritairement blancs — affrontant les CRS à Paris n’effacent pas cette réalité structurelle. Au contraire, elles mettent en lumière une double perception : celle d’une violence policière jugée « acceptable » quand elle vise certains groupes, et « problématique » quand elle touche d’autres. Une dichotomie que beaucoup jugent profondément injuste.

Une chaîne sous surveillance accrue

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de la régulation des médias en France. CNews, souvent accusée de propager des discours d’extrême droite, fait l’objet de multiples signalements. Les appels à une action ferme de l’Arcom se multiplient, notamment de la part des partis de gauche et des associations antiracistes.

Alors que le débat public s’enflamme, une question demeure : jusqu’où peut aller la liberté d’expression médiatique avant de franchir la ligne du discours haineux ? La justice et le régulateur auront bientôt à trancher.

Karim

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