180 voyages sans billet, 35 000 € d’amendes : le cauchemar ferroviaire de Charles Brohiri
Il pensait jouer au plus malin avec les contrôleurs. Mais après 180 infractions en deux ans, Charles Brohiri, un Britannique de 28 ans, voit sa liberté s’effriter. Condamné à payer près de 35 000 euros d’amendes, interdit de tout accès aux trains de l’opérateur GTR, et menacé de prison, son obsession de voyager sans billet a basculé dans le drame judiciaire.
Un fraudeur hors norme sur le réseau britannique
Charles Brohiri n’est pas un simple resquilleur occasionnel. Sur les lignes Thameslink, Southern et Great Northern — reliant la côte sud de l’Angleterre à Peterborough — il est devenu une figure familière des agents de contrôle. En l’espace de 24 mois, il a été pris 180 fois sans titre de transport valide. Un taux de récidive si élevé qu’il a attiré l’attention des tribunaux.
Une dette colossale en livres… et en conséquences
Le cumul de ses amendes atteint plus de 30 000 livres sterling, soit environ 35 000 euros. Une somme astronomique pour un homme qui affirme aujourd’hui être sans domicile fixe, dépourvu de téléphone et ne pouvant accéder à Internet que via les bibliothèques publiques. Pourtant, le tribunal ne fait pas de sentiment.
Interdiction de train… et menace de prison
La juge de district Nina Tempia a rendu une décision sans appel : Charles Brohiri est désormais banni de toute propriété liée à Govia Thameslink Railway (GTR). Cela inclut non seulement les quais et wagons, mais aussi les halls, les abords immédiats des gares, voire leurs extérieurs. « Si vous violez les conditions de votre liberté sous caution, vous serez incarcéré », a-t-elle prévenu.
Pas de passe-droit, même pour un ancien rappeur
Anciennement connu dans le milieu du rap underground, Brohiri espérait peut-être bénéficier d’une certaine indulgence. Mais face à un système ferroviaire britannique exsangue — la fraude coûterait chaque année l’équivalent de 25 TER neufs à SNCF Voyageurs et ses homologues — la justice a choisi la fermeté. Et pour cause : selon les autorités, 7 à 9 % des usagers des TER et du Transilien circulent sans billet, contre un taux quasi nul dans les TGV.
Fraude répétée : un délit qui peut mener derrière les barreaux
En France comme au Royaume-Uni, le droit ne tolère plus la fraude d’habitude. Au-delà des amendes, les récidivistes encourent jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende. Le message est clair : voyager sans billet n’est plus une simple entorse aux règles. C’est un acte pénal aux conséquences durables.
Pour Charles Brohiri, le verdict final tombera en janvier 2026. Mais quoi qu’il arrive, une chose est sûre : il devra désormais chercher un autre moyen de se déplacer. Le train, lui, ne l’attendra plus.
