Drame de Crans-Montana : Jessica Moretti brise le silence après sa libération
Neuf jours seulement après l’incendie meurtrier du bar Constellation à Crans-Montana, le visage de Jessica Moretti s’est enfin affiché devant les caméras. Libérée par le tribunal de Sion, la propriétaire du bar a rompu son silence dans un moment chargé d’émotion. Son mari, lui, a été placé en détention préventive. Une tragédie qui a fait 40 morts et plus de 116 blessés lors de la soirée du Nouvel An continue de secouer la Suisse et au-delà.
Une sortie du tribunal marquée par l’émotion
À la sortie de l’audience à Sion, Jessica Moretti, visiblement bouleversée, s’est adressée aux médias présents. Sans entrer dans les détails de l’enquête, elle a tenu à exprimer son chagrin et ses regrets. « Mes pensées constantes vont vers elles et les gens qui continuent de se battre. C’est une tragédie inimaginable. On n’aurait jamais pu imaginer cela. Je tiens à m’excuser », a-t-elle déclaré, les larmes aux yeux.
Cette première prise de parole publique intervient dans un contexte tendu. Le couple, originaire de France, était jusqu’ici resté en retrait, laissant la justice avancer. Mais désormais, leurs destins semblent diverger : l’un en prison, l’autre libre — pour l’instant.
Une enquête criminelle aux enjeux lourds
L’incendie du bar Constellation n’est plus traité comme un simple accident. Depuis le 3 janvier, une enquête pénale est ouverte contre Jessica et Jacques Moretti pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence. Les autorités cherchent à déterminer si des manquements aux normes de sécurité ont contribué à l’ampleur du drame.
Les gérants ont été entendus non pas comme témoins, mais comme personnes mises en cause. L’audition de vendredi portait sur leur situation personnelle, et non directement sur les conditions d’exploitation du bar. Pourtant, les questions sur les normes de sécurité dans les établissements festifs restent au cœur des interrogations publiques.
Un passé judiciaire qui pèse
Jacques Moretti, 49 ans, n’est pas inconnu des tribunaux français. Condamné en 2008 à Annecy pour proxénétisme aggravé, puis en 2010 à Bastia pour fraude aux APL, son profil complique sa défense. Jessica Moretti, 39 ans, n’a quant à elle aucun casier judiciaire. Ce contraste pourrait expliquer, en partie, la décision du tribunal de la laisser en liberté.
Pourquoi une détention pour lui, pas pour elle ?
En Suisse, trois motifs justifient un placement en détention préventive : risque de collusion, risque de réitération, ou risque de fuite. La justice valaisanne n’a pas encore précisé lequel s’applique à Jacques Moretti. Mais cette distinction entre les deux conjoints ouvre la voie à de nombreuses spéculations.
Le drame de Crans-Montana interroge aussi sur la réglementation des lieux publics en haute saison. Dans une station de ski prisée, comment un tel drame a-t-il pu survenir ? Les experts devront évaluer si les mesures de sécurité incendie étaient conformes, et si les responsables ont fait preuve de négligence.
Un silence brisé, mais des réponses attendues
Jessica Moretti a choisi ses mots avec prudence. Elle n’a pas commenté sa situation judiciaire, ni celle de son mari. Elle s’est concentrée sur les victimes — un geste perçu comme un premier pas vers la reconnaissance collective de la gravité du drame.
Les familles endeuillées, les blessés, et l’opinion publique attendent désormais la suite de l’instruction. L’affaire du bar Constellation pourrait devenir un cas d’école en matière de responsabilité pénale liée à la sécurité des établissements recevant du public.
