Cancer du foie : cette découverte belge surprenante sur l’immunité change la donne
⚠️ Information à but éducatif : Cet article présente une découverte scientifique en phase préclinique. Il ne remplace en aucun cas un avis médical professionnel. Pour tout diagnostic ou traitement, consultez votre oncologue ou votre médecin traitant.
Le foie est l’un des organes les plus métaboliquement actifs de notre corps, mais c’est aussi l’un des sites les plus fréquents de métastases cancéreuses. Face à ce diagnostic, le pronostic reste souvent réservé en raison de la résistance aux thérapies classiques. Une étude publiée en août 2026 par l’Institut flamand de biotechnologie (VIB) et l’Université KU Leuven apporte un éclairage nouveau sur la manière dont les cellules cancéreuses détournent le système immunitaire dans le micro-environnement hépatique. Voici ce qu’il faut comprendre de cette avancée préclinique et de ses implications potentielles.
Le stratagème du camouflage tumoral dans le foie
Pourquoi le foie est un terrain propice aux métastases
Le foie regorge de nutriments et d’acides gras, ce qui en fait un environnement favorable à la croissance tumorale. Les cellules cancéreuses qui s’y propagent (généralement issues d’un cancer colorectal, du sein, du pancréas ou du poumon) ne se contentent pas de consommer ces ressources : elles les détournent activement pour modifier leur environnement biologique.
Des recherches récentes ont mis en lumière un lien entre les environnements riches en lipides (comme dans la stéatose hépatique, ou « foie gras ») et l’agressivité des métastases hépatiques.
Le rôle clé de l’enzyme DHHC17 et de la palmitoylation
L’arme utilisée par les cellules tumorales repose sur un processus biochimique appelé palmitoylation. Sous l’action de l’enzyme DHHC17, les cellules cancéreuses fixent un acide gras spécifique (le palmitate) sur une protéine de structure, la laminine-511.
« DHHC17 est utilisé par les cellules cancéreuses métastatiques comme un véritable masque de camouflage, amenant le système immunitaire à les confondre avec des cellules saines ayant besoin d’aide ou de réparation. »
— Dr Anke Vandekeere, Université KU Leuven / VIB

La neutralisation paradoxale des neutrophiles
Normalement, les neutrophiles (un type de globules blancs) jouent un rôle de sentinelles anticancéreuses. Mais trompés par le faux signal de la laminine-511 palmitoylée, ces neutrophiles adoptent un comportement inattendu : au lieu d’attaquer la tumeur, ils forment des structures appelées NETs (pièges extracellulaires de neutrophiles) qui, dans ce contexte précis, protègent involontairement la tumeur et favorisent sa survie.
Les perspectives ouvertes par cette découverte
Jusqu’à présent, l’immunothérapie obtenait des résultats limités sur certaines métastases hépatiques en raison de ce micro-environnement immunosuppresseur. Les travaux de l’équipe de la professeure Sarah-Maria Fendt ouvrent des pistes de recherche intéressantes.
En laboratoire, les chercheurs sont parvenus à inhiber l’activité de l’enzyme DHHC17 sur des modèles animaux atteints de métastases hépatiques. Les observations rapportées incluent :
- Restauration partielle de l’activité immunitaire : les neutrophiles retrouvent une partie de leur capacité anticancéreuse.
- Ralentissement de la croissance tumorale : la progression des métastases hépatiques a été significativement réduite dans les modèles étudiés.
- Spécificité d’action : l’effet observé est lié à la présence active des cellules immunitaires restaurées.

⚠️ Point important : Ces résultats proviennent d’études précliniques (modèles cellulaires et animaux). Plusieurs années d’essais cliniques rigoureux (phases I, II, III) seront nécessaires avant qu’un éventuel traitement ne soit disponible pour les patients. Aucune application thérapeutique directe n’est aujourd’hui accessible.
Ce qu’il faut retenir
- Le mécanisme identifié : Les cellules cancéreuses métastatiques dans le foie utilisent l’acide palmitique via l’enzyme DHHC17 pour se camoufler.
- La manipulation immunitaire : Les neutrophiles, trompés par ce signal, forment des NETs qui protègent involontairement la tumeur.
- La piste thérapeutique explorée : Bloquer cette palmitoylation pourrait, en théorie, réveiller le système immunitaire contre les métastases hépatiques.
- L’état actuel : Recherche préclinique. Aucun traitement disponible actuellement.
Tableau comparatif : approches thérapeutiques
| Caractéristiques | Traitements conventionnels | Piste DHHC17 (recherche 2026) |
|---|---|---|
| Cible principale | Cellules en division rapide (chimio) ou ablation (chirurgie) | Mécanisme de camouflage cellulaire |
| Impact immunitaire | Souvent immunosuppresseur ou neutre | Restauration potentielle des neutrophiles |
| Environnement hépatique | Accès limité par la vascularisation complexe | Exploitation des spécificités métaboliques du foie |
| Statut clinique | Standard de soins actuel | Phase préclinique uniquement |
Recommandations générales pour la santé hépatique
- ☑ Surveiller la stéatose hépatique : une surcharge lipidique du foie crée un terrain favorable aux pathologies. Consultez votre médecin pour un bilan si nécessaire.
- ☑ Maintenir un dialogue avec votre oncologue : si vous êtes concerné(e) par un cancer, discutez des essais cliniques en cours et des options thérapeutiques validées.
- ☑ Adopter une hygiène de vie équilibrée : limiter l’alcool, les acides gras saturés et privilégier une alimentation riche en antioxydants contribue à la santé globale du foie.
- ☑ Respecter les suivis médicaux : en cas d’antécédents de cancer, l’imagerie de surveillance reste la méthode de référence pour une détection précoce.
Foire aux questions (FAQ)
1. Qu’a-t-on découvert récemment sur le cancer du foie en 2026 ?
Des chercheurs de la KU Leuven et du VIB ont identifié un mécanisme par lequel les cellules cancéreuses hépatiques utilisent un acide gras (palmitate) pour se camoufler et échapper au système immunitaire.
2. Qu’appelle-t-on métastases hépatiques ?
Il s’agit de cellules cancéreuses originaires d’un autre organe (côlon, sein, pancréas, poumon le plus souvent) qui se sont propagées au foie et s’y développent.
3. Pourquoi le foie est-il si propice aux métastases ?
Sa riche vascularisation et son rôle métabolique majeur en font un environnement riche en nutriments et lipides, favorable à la croissance tumorale.
4. Quel est le rôle de l’enzyme DHHC17 ?
Cette enzyme permet aux cellules cancéreuses de fixer un acide gras (le palmitate) sur des protéines de surface comme la laminine-511, créant ainsi un masque qui trompe le système immunitaire.
5. Qu’est-ce que la palmitoylation des protéines ?
C’est un processus biochimique naturel par lequel un acide palmitique est attaché à une protéine, modifiant ainsi sa fonction, sa localisation ou sa stabilité. Les cellules cancéreuses détournent ce mécanisme à leur avantage.
6. Comment les cellules tumorales échappent-elles au système immunitaire ?
Elles utilisent ce masque lipidique qui fait croire aux cellules immunitaires qu’elles sont des cellules saines nécessitant aide ou réparation, plutôt que des cibles à détruire.
7. Quel est le rôle des neutrophiles dans ce processus ?
Normalement anticancéreux, les neutrophiles sont trompés par la protéine modifiée et forment des structures (NETs) qui protègent involontairement la tumeur au lieu de la combattre.
8. Que sont les NETs (pièges extracellulaires de neutrophiles) ?
Ce sont des réseaux de fibres libérés par les neutrophiles, normalement utilisés pour piéger les pathogènes. Dans le contexte des métastases hépatiques, ils peuvent être détournés au profit de la tumeur.
9. En quoi cette découverte intéresse-t-elle l’immunothérapie ?
Elle suggère qu’en bloquant l’enzyme DHHC17, on pourrait restaurer la capacité du système immunitaire à reconnaître et attaquer les cellules cancéreuses hépatiques.
10. Ces traitements sont-ils déjà disponibles pour les patients ?
Non. Il s’agit de résultats précliniques (laboratoire et modèles animaux). Plusieurs années d’essais cliniques seront nécessaires avant qu’un éventuel traitement soit accessible.
11. Quel est l’impact de la stéatose hépatique sur le cancer ?
La surcharge en graisses du foie (stéatose) crée un micro-environnement plus favorable à la prolifération des métastases, selon plusieurs études récentes.
12. Qui a dirigé cette étude scientifique ?
L’étude a été menée par la professeure Sarah-Maria Fendt et le Dr Anke Vandekeere, du VIB Center for Cancer Biology et de l’Université KU Leuven (Belgique).
13. Comment les chercheurs ont-ils testé cette découverte ?
Ils ont mené des expériences en laboratoire en inhibant l’activité de l’enzyme DHHC17 sur des modèles animaux atteints de métastases hépatiques.
14. Quel a été le résultat de l’inhibition de DHHC17 ?
Dans les modèles étudiés, cela a restauré partiellement l’activité anticancéreuse des neutrophiles et réduit la croissance des tumeurs métastatiques.
15. Le cancer du foie primitif est-il concerné ?
Non, l’étude cible principalement les métastases hépatiques, c’est-à-dire les cancers propagés au foie depuis un autre site, et non le cancer primitif du foie (carcinome hépatocellulaire).
16. Pourquoi le pronostic des métastases hépatiques est-il souvent réservé ?
Parce que le foie filtre une grande quantité de sang et que les tumeurs y développent des mécanismes de résistance complexes aux traitements conventionnels.
17. Quelle différence entre chimiothérapie et immunothérapie ?
La chimiothérapie détruit les cellules en division rapide de façon large. L’immunothérapie vise à réactiver les défenses immunitaires du patient pour qu’elles ciblent elles-mêmes les cellules cancéreuses.
18. Peut-on prévenir les métastases hépatiques par l’alimentation ?
Une alimentation équilibrée contribue à la santé globale du foie et limite la stéatose, mais aucune alimentation ne peut garantir la prévention des métastases. Le suivi oncologique reste primordial.
19. Quel rôle jouent les acides gras dans la progression tumorale ?
Certains acides gras, comme le palmitate, peuvent être détournés par les cellules cancéreuses pour modifier la signalisation immunitaire et favoriser leur survie.
20. Les hommes et les femmes sont-ils touchés de la même manière ?
La prévalence varie selon le type de cancer primitif, mais les mécanismes métaboliques hépatiques décrits semblent concerner l’ensemble des patients.
21. Combien de temps faut-il pour passer d’une découverte au médicament ?
Le développement pharmaceutique prend généralement 10 à 15 ans entre la découverte préclinique et la mise sur le marché, en passant par les phases I, II et III d’essais cliniques.
22. Qu’en est-il des effets secondaires potentiels ?
Cibler spécifiquement une enzyme comme DHHC17 vise à limiter la toxicité par rapport aux traitements conventionnels. Ces aspects seront évalués lors des essais cliniques futurs.
23. Comment l’immunothérapie classique interagit-elle avec le foie ?
Le foie possède naturellement un système immunitaire tolérant pour éviter l’inflammation chronique liée à son rôle de filtre. Les tumeurs exploitent cette caractéristique à leur avantage.
24. Où ont été publiées ces recherches ?
Les résultats ont été communiqués par le VIB et la KU Leuven en août 2026, puis relayés par des médias scientifiques comme Medical Xpress.
25. Quel est le lien entre la laminine-511 et les neutrophiles ?
La laminine-511 modifiée par palmitoylation envoie un faux signal aux neutrophiles, modifiant ainsi leur activation et leur réponse au contact de la tumeur.
26. Tous les cancers développent-ils des métastases hépatiques ?
Non, mais le foie est l’un des sites de métastases les plus fréquents en raison de sa riche vascularisation sanguine. Les cancers colorectaux, du sein, du pancréas et du poumon y métastasent particulièrement.
27. Comment savoir si un traitement cible l’immunité ou les cellules ?
Les notices et protocoles cliniques décrivent précisément le mode d’action (immunomodulateur versus cytotoxique). Votre oncologue peut vous expliquer ces distinctions.
28. Quel est l’apport des institutions belges dans cette découverte ?
Le VIB et la KU Leuven sont des centres de recherche reconnus internationalement pour leurs travaux en biologie du cancer et en métabolisme cellulaire.
29. Où trouver des informations fiables sur les essais cliniques ?
Auprès des centres anticancéreux accrédités (Gustave Roussy, Institut Curie en France), de la base de données ClinicalTrials.gov, ou du registre européen EU Clinical Trials.
30. Cette découverte changera-t-elle la prise en charge des patients ?
À court terme, non. Il s’agit d’une avancée scientifique importante, mais son éventuelle application clinique nécessitera encore de nombreuses années de recherche et de validation.
Sources et références
Sources principales :
- VIB Center for Cancer Biology & KU Leuven — Communiqué de recherche (août 2026)
- Medical Xpress — « Liver cancer cells exploit fatty acids to evade immune system » (août 2026)
- INSERM — Dossier « Immunothérapie et cancers » : inserm.fr
- Société canadienne du cancer — Métastases hépatiques : cancer.ca
Cet article a été rédigé à partir de communiqués de recherche scientifiques et vérifié pour son exactitude factuelle. Il ne constitue pas un avis médical.
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