Scandale sur CNews : l’Arcom saisie après des propos choc contre le maire de Saint-Denis
Une intervention polémique sur le plateau télévisé
Sur CNEWS, le maire de Saint Denis Bally Bagayoko est comparé à un singe et à un « chef de tribu ».
Je saisis l’ARCOM. Ce racisme crasse et décomplexé est intolérable. Soutien total à @BallyBagayoko. Sa dignité est notre fierté face à ceux qui par leurs paroles déshonorent la… pic.twitter.com/4gUIkLWpK1
— Mathilde Panot (@MathildePanot) March 28, 2026
L’incident s’est produit le vendredi 27 mars 2026. Invité pour débattre des premiers jours de mandat de l’élu LFI, le psychologue Jean Doridot a tenu des propos qui ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Interrogé sur la volonté du maire de pousser les limites de son autorité, l’expert a choisi une analogie biologique pour illustrer son point de vue.
« Il est important de rappeler que les homo sapiens sont des mammifères sociaux et de la famille des grands singes », a-t-il déclaré. Selon lui, dans toute tribu, il existe un chef dont la mission est d’installer son autorité. Une rhétorique qui a immédiatement été perçue comme une comparaison animale dégradante envers un élu issu de la diversité.
Un contexte de tensions administratives
Cette sortie médiatique intervient dans un climat déjà tendu concernant la gestion municipale. Dès sa prise de fonction, Bally Bagayoko a annoncé des mesures controversées, notamment le retrait de certaines armes pour la police municipale et une révision des effectifs. L’élu avait estimé que les fonctionnaires en désaccord avec le projet politique « partiront », évoquant une mobilité naturelle.
Cette posture a valu au maire une mise en garde du ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel. Ce dernier a rappelé par courrier l’impossibilité légale de se séparer d’agents uniquement pour des divergences politiques. Un rappel à l’ordre qui souligne la complexité des réformes administratives au niveau local.
La classe politique se mobilise et saisit le régulateur
Depuis son élection comme maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko est la cible d’une campagne raciste absolument abjecte alimentée par toute la fachosphère et relayée abondamment dans les médias. pic.twitter.com/PXqhzJ14F9
— Ian Brossat (@IanBrossat) March 28, 2026
La réaction des parlementaires a été immédiate et unanime du côté de la gauche. Mathilde Panot, cheffe des députés insoumis, n’a pas mâché ses mots sur le réseau social X. Elle a dénoncé un racisme « crasse et décomplexé », soulignant l’absurdité de comparer un maire à un singe ou à un chef de tribu.
La mobilisation dépasse le seul camp de La France insoumise :
- Ian Brossat, sénateur communiste, qualifie la chaîne de « cloaque raciste » et annonce un nouveau signalement.
- Léa Balage El Mariky, députée écologiste, évoque une « poubelle-news » et apporte son soutien total au maire face à ces attaques.
L’Arcom au cœur de la régulation des médias
Face à cette accumulation de griefs, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) se retrouve une nouvelle fois en première ligne. Le régulateur doit désormais examiner si ces propos constituent une infraction aux obligations de décence et de lutte contre les discriminations.
Ce dossier pourrait avoir des conséquences financières lourdes pour la chaîne. Récemment, CNews avait déjà été condamné à une amende de 100 000 € pour des séquences jugées discriminatoires. La question de la liberté d’expression face aux limites de la déontologie audiovisuelle se pose avec acuité.
Alors que la direction de CNews n’a pas encore réagi officiellement, l’affaire met en lumière les défis du financement politique indirect que représentent les temps de parole et le traitement médiatique des élus. La décision de l’Arcom sera scrutée comme un baromètre de la tolérance zéro envers les discours de haine dans les médias.
