Fin de partie pour Morandini à CNews : la chaîne cède sous la pression
Le 9 février 2026 restera une date charnière pour CNews. Jean-Marc Morandini, condamné définitivement pour corruption de mineurs par la Cour de cassation, quitte l’antenne après seulement quelques semaines de maintien controversé. Cette décision survient trois jours après la démission fracassante de Sonia Mabrouk, qui refusait de partager les plateaux avec l’animateur. Un scénario inédit dans l’histoire récente de l’audiovisuel français, où les tensions internes ont finalement eu raison d’un maintien jugé intenable.
La déclaration choc de Morandini sur X
Dans un message sobre publié sur le réseau social X, Jean-Marc Morandini annonce : « J’ai proposé ce jour à la direction de CNews de me retirer de l’antenne afin de rétablir le calme nécessaire au travail de la rédaction. »
Il poursuit avec des mots lourds de sens : « Je regrette profondément de devoir prendre cette décision mais je pense qu’elle est indispensable pour retrouver le calme et la sérénité. » Une reconnaissance implicite de l’impact délétère de sa présence sur le fonctionnement de la chaîne.
Chronologie d’une crise médiatique
14 janvier 2026 : la condamnation devient définitive
La Cour de cassation confirme la peine de deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour corruption de mineurs. L’animateur avait été condamné en première instance en mars 2025 pour des faits remontant à plus de dix ans, liés à des échanges de messages avec des mineurs lors de castings.
30 janvier 2026 : excuses publiques et renoncement aux recours
Jean-Marc Morandini présente ses excuses dans un communiqué et annonce renoncer à tout nouveau recours judiciaire. Il demande une « seconde chance » tout en reconnaissant la gravité des faits.
6 février 2026 : Sonia Mabrouk démissionne
La journaliste quitte CNews en raison du maintien de Morandini à l’antenne, tout en conservant son poste sur Europe 1. Son départ marque un tournant décisif dans la crise.
9 février 2026 : Morandini propose son retrait
L’animateur annonce son départ volontaire, mettant ainsi fin à des semaines de tensions internes et de pressions politiques.
Les voix qui se sont élevées contre le maintien
Au sein de CNews, plusieurs personnalités ont exprimé leur désaccord avec la décision de garder Morandini :
- Pascal Praud : critiques voilées dans ses éditoriaux
- Laurence Ferrari : silence médiatique significatif
- Philippe de Villiers : prises de position indirectes
Ces dissensions internes ont affaibli la cohésion de la rédaction et alimenté les spéculations médiatiques.
Pressions politiques : le RN et Les Républicains s’expriment
L’affaire a rapidement dépassé le cadre médiatique pour devenir un enjeu politique. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a appelé les élus de son parti à boycotter l’émission de Morandini.
Le matin même du départ de l’animateur, François-Xavier Bellamy, figure émergente des Républicains, a réitéré cette demande sur Europe 1, accentuant la pression sur la direction de CNews et du groupe Canal+.
Conséquences pour CNews et l’audiovisuel français
Cette crise ouvre plusieurs questions cruciales :
- Comment CNews va-t-elle réorganiser sa grille d’antenne ?
- Quel sera l’impact sur l’audience de la chaîne ?
- Quel précédent cette affaire crée-t-elle pour le statut des personnalités médiatiques condamnées ?
- Comment les groupes audiovisuels gèrent-ils les conflits éthiques internes ?
Dans un contexte de polarisation croissante des médias français, cette affaire pourrait marquer un tournant dans les pratiques éditoriales et les standards éthiques du secteur.
