Nagui contre-attaque : “Vous n’aimez pas les…” face aux accusations d’enrichissement
Il ne s’attendait probablement pas à une telle tempête. En quelques mots sur Instagram, le député Charles Alloncle a accusé Nagui de s’être “le plus enrichi” grâce à l’argent public ces dix dernières années. Une phrase lancée dans le cadre d’une commission parlementaire sur l’audiovisuel public — et qui a déclenché une réponse cinglante de l’animateur. Plus qu’une polémique, cette affaire révèle un climat tendu autour du financement de la culture, de la télévision publique… et de la réputation d’un homme.
Une accusation publique, une réaction immédiate
Charles Alloncle, député LFI et rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, a visé directement Nagui fin décembre 2025. Sans preuve concrète, il a laissé planer le soupçon que l’animateur de Taratata aurait profité de manière excessive des fonds publics. Son but ? Interroger le “train de vie” de France Télévisions, entre frais de réception, véhicules de fonction et salaires des cadres.
Problème : Nagui n’est pas salarié de France Télévisions. Et c’est justement ce point que l’animateur a tenu à clarifier, avec une fermeté teintée d’ironie.
“J’ai 10 000 bulletins de salaire à régler”
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Dans une publication longue et ciblée, Nagui a rappelé son parcours. Depuis ses débuts à Radio France dans les années 1980, il a construit un empire audiovisuel indépendant. Sa société, Air Productions — fondée en 1993 — produit aujourd’hui 300 heures de programmes par an. Des émissions diffusées sur des chaînes publiques, certes, mais commandées via des appels d’offres transparents.
« Je ne parle pas au conditionnel », a-t-il souligné, en citant un chiffre qui en dit long : 10 000 bulletins de salaire signés chaque année grâce à son activité. Un argument de poids contre l’idée d’un enrichissement personnel aux dépens du contribuable.
Un climat toxique sur les réseaux
Au-delà du débat financier, Nagui dénonce un climat de harcèlement. Depuis les propos du député, il affirme recevoir des messages haineux, parfois racistes. Il cite des insultes comme “bamboula” ou “crouille” — des termes qu’il a déjà subis dans sa vie, rappelle-t-il.
Il interroge aussi, avec une pointe d’humour grinçant, les rumeurs sur ses “origines égyptiennes” ou son supposé lien avec un compte Facebook d’extrême droite. « Tout cela au conditionnel », précise-t-il, soulignant l’absence totale de preuves.
Prêt à aller devant les tribunaux
Refusant de laisser la polémique s’envenimer sur les réseaux sociaux, Nagui lance un défi clair : s’il y a des accusations solides, qu’elles soient portées devant une juridiction. Pas sur Instagram. Pas dans un micro parlementaire. Mais devant un tribunal, avec des preuves.
« Je ne me laisserai pas jeter en pâture », affirme-t-il. Un message adressé autant au député qu’au public : derrière les chiffres et les débats sur le financement de l’audiovisuel public, il y a des vies, des carrières, des réputations.
Un débat plus large sur la création indépendante
Cette affaire touche à une question fondamentale : comment le service public collabore-t-il avec les producteurs indépendants ? Nagui incarne un modèle hybride — présent sur France Inter (public) et via Banijay (privé), tout en produisant pour plusieurs chaînes grâce à sa propre société.
Son cas n’est pas unique. Mais il devient emblématique d’un malaise croissant : la suspicion généralisée envers les personnalités médiatiques, même lorsqu’elles opèrent dans la transparence. Et surtout, la confusion entre subvention directe et achat de programmes — deux réalités juridiquement et économiquement distinctes.
Alors que la commission parlementaire poursuit ses travaux, une chose est claire : Nagui ne se taira pas. Et il ne laissera personne réécrire son histoire.
