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Incendie meurtrier de Crans-Montana : l’enquête révèle des responsabilités inattendues

Le drame du Nouvel An à Crans-Montana continue de faire surgir des zones d’ombre dans l’enquête suisse. Alors que le couple Moretti concentrait l’attention médiatique, deux figures jusque-là discrètes entrent brutalement dans la lumière judiciaire. Leur rôle dans les manquements sécuritaires du bar Le Constellation pourrait redéfinir les contours de cette affaire tragique.

Deux responsables de la sécurité mis en cause

Quatre personnes sont désormais visées par la procédure pénale ouverte après l’incendie meurtrier du 31 décembre 2025. Outre Jacques et Jessica Moretti, gérants du Constellation, deux hommes occupant des fonctions clés dans la sécurité communale de Crans-Montana sont convoqués devant les enquêteurs. L’un est l’ancien chargé de sécurité de la station, l’autre son successeur actuel.

Ces auditions prévues les 6 et 9 février 2026 marquent un tournant dans l’instruction. Les magistrats suisses cherchent à établir si des négligences institutionnelles ont contribué à transformer un incident maîtrisable en catastrophe humaine.

Des inspections annuelles systématiquement ignorées

La réglementation valaisanne exige des inspections sécurité incendie annuelles pour les établissements recevant du public. Le Constellation n’en a subi que trois en dix ans, la dernière datant de 2019. L’ancien responsable communal avait pourtant identifié sept défauts critiques lors de son passage en 2018.

Ces anomalies concernaient des éléments vitaux pour l’évacuation : des escaliers construits en matériaux combustibles, des portes d’entrée ne s’ouvrant pas vers l’extérieur, et un personnel non formé aux procédures d’urgence. Pourtant, un an plus tard sans aucun correctif constaté, son rapport final portait mystérieusement la mention « positif ».

La porte de secours qui n’a pas sauvé les vies

Un document de 2015 établi par l’office cantonal pointait déjà un risque majeur : la porte ouest du sous-sol devait impérativement servir de voie d’évacuation et être signalée comme telle. Cette même issue est restée bloquée la nuit du drame.

C’est derrière ce battant fermé que les secours ont découvert les corps de Cyane, serveuse du Constellation, et de plusieurs clients. Ce détail technique transforme désormais une simple anomalie administrative en élément central de l’enquête pour homicide par négligence.

Des responsabilités qui s’étendent au-delà du bar

L’enquête révèle un enchaînement de défaillances où chaque maillon de la chaîne sécuritaire semble avoir failli. Le propriétaire des murs Julien Baytrison avait reçu des recommandations strictes : limiter l’accès à cent personnes au sous-sol et cinquante dans le fumoir. Aucune de ces mesures n’a été appliquée.

Ce schéma répété sur plusieurs années interroge sur la culture de la sécurité incendie en Suisse. Comment des signaux d’alerte aussi clairs ont-ils pu être ignorés sans conséquence pendant près d’une décennie ? La justice devra trancher sur l’existence d’une responsabilité partagée entre gestionnaires privés et autorités publiques.

Karim

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