Incendie dévastateur à Crans-Montana : les appels glaçants révèlent l’horreur du drame
Le soir du Nouvel An 2026 restera gravé dans la mémoire collective suisse comme l’une des nuits les plus sombres de l’histoire récente. Alors que les festivités battaient leur plein au bar Le Constellation, un incendie d’une violence inouïe a transformé un lieu de célébration en piège mortel. BFMTV a eu accès aux enregistrements des appels aux secours, des témoignages poignants qui dévoilent l’ampleur de la tragédie et soulèvent des questions cruciales sur les normes sécurité incendie dans les établissements publics.
La nuit du drame à Crans-Montana
Le 1er janvier 2026, peu après minuit, les flammes ont embrasé Le Constellation, un bar populaire de la station huppée de Crans-Montana en Suisse romande. En l’espace de quelques minutes, la panique s’est emparée des centaines de fêtards présents pour accueillir la nouvelle année.
Les secours ont été alertés dès une heure du matin. Pendant près d’une heure et demie, pas moins de 171 appels ont afflué vers le 144, l’équivalent helvétique du Samu. La coordination d’urgence a rapidement déclenché le plan catastrophe face à l’ampleur du sinistre.
Des appels au secours déchirants
Les enregistrements révèlent une atmosphère de chaos absolu. Une voix supplie : « J’aimerais que vous veniez parce qu’il y a une urgence au Constellation ». Une autre, plus pressante : « S’il vous plaît, c’est Le Constellation à Crans-Montana. Il y a le feu. Il y a des blessés ! »
Les cris de terreur se mêlent aux appels désespérés de familles cherchant leurs proches : « Notre fille est impliquée. On n’a pas de nouvelles ». Sur place, les équipes médicales font état de brûlures graves et mobilisent des hélicoptères pour évacuer les victimes incendie tragique. Le bilan final s’élèvera à 40 décès et 116 blessés.
Une enquête judiciaire qui s’élargit
L’enquête menée par les autorités suisses progresse méthodiquement. Après Jacques et Jessica Moretti, propriétaires du bar, puis l’ancien chargé de sécurité communal, un quatrième responsable est désormais visé : le chef actuel du service de la sécurité publique.
Ce dernier, recruté en mai 2024, sera entendu le 6 février prochain. Sous son autorité, les agents municipaux devaient effectuer des contrôles annuels obligatoires dans tous les établissements recevant du public. Or, en dix ans, Le Constellation n’a fait l’objet que de trois inspections.
Des manquements criants aux normes de sécurité
Les rapports d’inspection consultés par BFMTV dressent un constat accablant. L’établissement présentait des escaliers de secours en bois hautement inflammables, un personnel non formé aux procédures d’évacuation et des extincteurs mal signalés voire inaccessibles.
Pourtant, malgré ces lacunes documentées lors du dernier contrôle en 2020, la mairie avait émis un avis favorable permettant au bar de continuer son activité. Cette décision interroge sur la rigueur du contrôle sécurité publique et la vigilance des autorités locales.
La responsabilité municipale au cœur des débats
Me Jean-Claude Giudicelli, avocat représentant deux victimes gravement brûlées, dénonce une « comédie judiciaire » et interpelle : « Qui a fermé les yeux ? ». Dès le lendemain du drame, la municipalité reconnaissait publiquement des manquements dans le suivi des inspections tout en assurant qu’elle « assumerait ses responsabilités ».
Le cœur du débat judiciaire portera sur l’absence de contrôle en 2025. Cette négligence peut-elle engager la responsabilité municipale ? La justice suisse devra trancher entre erreur administrative et faute pénale dans cette affaire qui bouleverse la Suisse entière.
