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Épargne en 2026 : la “taxe Lecornu” sur les livrets et l’assurance-vie est-elle une réalité ?

Une rumeur circule avec insistance : Sébastien Lecornu aurait imposé une nouvelle taxe sur le Livret A et l’assurance-vie. Pourtant, derrière ce récit alarmiste se cache une vérité bien plus nuancée. Alors que les Français scrutent chaque centime de leur épargne, il est crucial de distinguer entre baisse de rendement, fiscalité accrue et désinformation virale.

Pourquoi cette rumeur fait-elle autant de bruit ?

Le contexte budgétaire tendu pousse l’exécutif à chercher des recettes discrètes. Dans ce climat, toute évolution fiscale liée à l’épargne devient suspecte. Et pour cause : près de 87 % des ménages détiennent au moins un livret d’épargne, selon l’Insee. Le Livret A, symbole de sécurité financière, cristallise les inquiétudes.

Mais attention : dire “les livrets sont taxés” sans préciser lesquels crée une confusion massive. Car tous les livrets ne sont pas logés à la même enseigne.

Livret A : toujours exonéré, mais moins rentable

Contrairement à ce que laisse croire la rumeur, le Livret A reste entièrement exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. C’est une règle inscrite dans le Code général des impôts et confirmée par Service-public.fr.

Ce qui change en 2026, c’est son taux de rémunération. À partir du 1er février, il descend à 1,5 %. Une décision technique, liée à la formule de calcul officielle et à l’évolution de l’inflation. Ce n’est donc pas une taxe, mais une baisse de rendement.

Même chose pour le LDDS : ses intérêts restent défiscalisés. La confusion naît du ressenti — un compte qui rapporte moins donne l’impression d’une ponction, même si l’État ne prélève rien de plus.

Assurance-vie : pas de “taxe Lecornu”, mais une vigilance justifiée

Avec plus de 2 100 milliards d’euros d’encours fin 2025, l’assurance-vie est un pilier de l’épargne française. Près de 42 % des ménages en possèdent au moins une. Son régime fiscal est déjà complexe : abattements après huit ans, barèmes progressifs, prélèvements sociaux variables.

En 2026, aucune mesure générale ne vient alourdir sa fiscalité. Toutefois, une réforme ciblée affecte certains revenus du capital, notamment via une légère hausse des prélèvements sociaux destinée à financer la politique de l’autonomie.

Résultat : pour certains contrats générant des revenus imposables (comme les fonds en unités de compte), le taux global du PFU (prélèvement forfaitaire unique) peut passer de 30 % à 31,4 %. Mais cela ne concerne pas les fonds en euros classiques, largement majoritaires.

Quels placements sont vraiment touchés en 2026 ?

La mesure concrète vise les revenus mobiliers imposables : dividendes, intérêts de comptes-titres, ou encore intérêts de livrets bancaires ordinaires — ces derniers étant souvent confondus avec le Livret A.

Or, seuls 13 % des ménages détiennent ce type de livrets non réglementés. Pour eux, la hausse du taux de PFU s’applique bel et bien. Mais pour la majorité, rien ne change sur le plan fiscal.

Pourquoi ce débat revient-il maintenant ?

Parce que l’État cherche à équilibrer ses comptes sans provoquer de crise politique. Modifier des paramètres techniques — comme les prélèvements sociaux ou les taux d’épargne réglementée — permet de lever des recettes sans voter une “nouvelle taxe” visible.

Ce subterfuge nourrit la défiance. Les Français perçoivent un écart entre la promesse officielle — “pas d’augmentation des impôts en 2026” — et la réalité vécue : un Livret A moins rentable, des placements plus taxés pour certains.

Le vrai enjeu n’est donc pas seulement financier. Il est de confiance. Et sur l’épargne, la confiance se gagne lentement… mais se perd en un tweet.

Karim

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