Une plainte explosive ébranle Jordan Bardella : détournement de fonds européens ?
Une ombre plane sur les finances du Rassemblement national. Une plainte pour détournement de fonds publics et favoritisme, déposée en décembre par l’association AC Anti-Corruption, vise indirectement Jordan Bardella. L’affaire, révélée par Le Canard Enchaîné, met en cause l’usage d’un stage financé par le Parlement européen… au cœur de la campagne présidentielle française de 2022.
Quand l’argent public sert une campagne nationale
Officiellement, la formation dispensée par Pascal Humeau — décrit comme un “média-traineur” — devait préparer les élus européens du RN à l’exercice médiatique. Rien d’anormal en soi : les députés européens disposent d’un budget spécifique pour ce type d’accompagnement. Mais selon la plainte, la réalité serait tout autre.
Les fonds auraient été utilisés non pas pour renforcer la compétence européenne de Bardella, mais pour l’entraîner en vue de l’élection présidentielle. Un usage strictement interdit : les ressources du Parlement européen ne peuvent financer des activités liées à une élection nationale.
Qui est visé ? Et pourquoi maintenant ?
Jordan Bardella, alors simple député européen, aurait bénéficié personnellement de cette formation. À l’époque, il n’était pas encore tête de liste aux européennes ni candidat officiel, mais son rôle central au sein du RN était déjà établi. L’association AC Anti-Corruption soupçonne donc un abus de biens sociaux et un manquement aux règles de financement électoral.
Qu’en dit la justice ?
Le parquet national financier (PNF) a confirmé l’ouverture d’une analyse préliminaire. Interrogé sur RTL le 12 janvier 2026, le procureur Pascal Prache a indiqué que la plainte était “en cours d’analyse”. Aucune enquête formelle n’a été ouverte à ce stade, mais la simple existence de cette procédure suffit à alimenter les critiques.
Des mots-clés qui font mouche
Cette affaire touche à des sujets brûlants : financement politique, transparence des élus, et usage des fonds européens. Des thèmes particulièrement sensibles dans un contexte de défiance croissante envers les institutions. Le timing, à quelques mois des élections régionales, ne passe pas inaperçu.
Pourquoi cette plainte pourrait avoir des conséquences
Si les faits étaient avérés, ils constitueraient une violation grave des règles budgétaires européennes. Plus encore, ils soulèveraient des questions sur l’intégrité du financement de la campagne présidentielle 2022. Même sans condamnation pénale, le simple doute pourrait entacher la crédibilité du parti.
Et dans un paysage médiatique ultra-concurrentiel, chaque allégation pèse lourd.
