Scandale à l’Assemblée : une députée filme son passage express pour toucher son indemnité… et provoque la colère
Une vidéo anodine qui déclenche une tempête
La scène semble banale : une femme en tenue décontractée, souriante, devant les grilles du Palais Bourbon. “Salut, je suis plus en congé mat’, donc je suis passée à l’Assemblée pour signer la feuille de présence et être payée… et je me casse !” dit-elle, caméra à la main. Rien de choquant, a priori. Sauf que cette femme est députée de la République.
Une députée qui t'explique "salut je suis plus en congé mat' donc je suis passée à l'Assemblée pour signer la feuille de présence et être payée et je me casse". Mais ?! Fais le mais fais pas une vidéo enfin !! pic.twitter.com/ZLPok4Xid3
— Jane Doe 👑 (@Keishia_) January 10, 2026
En quelques heures, la vidéo devient virale. Les internautes s’interrogent : est-ce légal ? Éthique ? Normal de percevoir une indemnité de fonction parlementaire sans exercer effectivement son mandat ? Et surtout… pourquoi filmer ça ?
Le système des présences à l’Assemblée : légal, mais contesté
Techniquement, rien n’interdit à une députée de signer la feuille de présence pendant son retour progressif après un congé parental. L’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) et l’indemnité de base (environ 7 600 € brut mensuels) ne sont pas conditionnées à une assiduité stricte. Il suffit d’être en exercice.
Pourtant, le geste — et surtout sa mise en scène — heurte. Dans un contexte de crise du pouvoir d’achat, où des millions de Français comptent chaque euro, cette apparente désinvolture alimente un sentiment croissant d’élitisme politique. “Fais-le, mais ne filme pas ça”, résume un tweet partagé plus de 15 000 fois.
Pourquoi cette vidéo pose problème au-delà de la légalité
Le vrai scandale n’est pas juridique. Il est symbolique. À l’heure où les citoyens exigent plus de transparence et de proximité de leurs élus, ce genre de contenu donne l’impression d’un mandat traité comme un simple job à temps partiel, voire un revenu passif.
Et puis, il y a la forme. Une vidéo légère, presque humoristique, tournée comme un vlog Instagram, alors que le lieu — le cœur de la démocratie française — mérite, selon beaucoup, un minimum de solennité. Ce contraste entre le décor institutionnel et le ton décontracté crée un malaise profond.
Un débat plus large sur le statut des parlementaires
Cette affaire relance un débat ancien mais jamais clos : faut-il réformer la rémunération des députés ? Certains proposent de lier une partie de leur salaire à leur assiduité ou à leur production législative. D’autres réclament la suppression pure et simple de l’IRFM, souvent perçue comme une “caisse noire”.
En 2023, une mission d’information parlementaire avait déjà pointé les “zones floues” dans l’usage de ces fonds. Aujourd’hui, cette vidéo ravive la méfiance. Pas contre une personne, mais contre un système perçu comme déconnecté.
