Le gouvernement durcit le ton face aux blocages agricoles en pleine période des fêtes
En pleine période de fêtes, les routes de France connaissent une tension inhabituelle. Alors que des milliers d’agriculteurs poursuivent leurs actions contre l’accord UE-Mercosur et la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse, le gouvernement a changé de cap. Plus question de laisser les blocages perturber les déplacements des Français ni l’activité des commerçants. Une fermeté mesurée, mais clairement affichée.
Un message ferme de la porte-parole gouvernementale
« Nous ne tolérerons plus de blocages », a déclaré vendredi 19 décembre Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, sur RTL. Cette annonce intervient alors que plus de 5 000 agriculteurs ont participé à 110 actions recensées la veille en France. La consigne est désormais donnée aux forces de l’ordre par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez : agir avec discernement, mais sans faiblir.
Agriculteurs : "Nous ne tolérerons plus de nouveaux blocages"@MaudBregeon, porte-parole du gouvernement, invitée de @ThomasSotto dans #RTLMatin pic.twitter.com/7RgYte5r7O
— RTL France (@RTLFrance) December 19, 2025
Elle a insisté sur un point crucial : « On ne veut pas opposer les policiers, les gendarmes et les agriculteurs. » Pourtant, la priorité reste la libre circulation des citoyens, notamment en cette période sensible des fêtes de fin d’année.
Les commerçants aussi dans la ligne de mire
La porte-parole a également évoqué la situation des commerçants en période de fêtes. « Ils travaillent beaucoup en ce moment, et doivent pouvoir faire fonctionner leurs entreprises », a-t-elle rappelé. Ce rappel à l’ordre économique souligne l’impact indirect des mouvements agricoles sur l’ensemble du tissu commercial local.
Colère européenne et report de l’accord UE-Mercosur
La mobilisation ne se limite pas à l’Hexagone. Jeudi, des agriculteurs ont manifesté devant le Parlement européen à Bruxelles, exprimant leur méfiance envers l’accord commercial avec le Mercosur. Face à cette pression, Ursula von der Leyen a officiellement reporté à janvier la signature du texte, initialement attendue avant la fin de l’année.
Ce report ouvre une fenêtre de dialogue, mais les tensions restent vives. Les agriculteurs français pointent du doigt le risque sanitaire lié à la DNC — une maladie virale bovine hautement contagieuse — ainsi que les conséquences économiques potentielles d’un libre-échange mal encadré.
Dialogue en urgence à Matignon
Pour tenter de désamorcer la crise, le Premier ministre Sébastien Lecornu reçoit vendredi les principaux syndicats agricoles à Matignon. L’ordre du jour couvrira à la fois la gestion de la dermatose bovine et les garanties demandées sur le traité avec le Mercosur. Une rencontre cruciale, alors que le secteur exige des réponses concrètes et immédiates.
