Incendie de Crans-Montana : « On va te briser les os », les révélations accablantes avant le drame du bar Le Constellation
Une ombre plane désormais sur la gestion du bar Le Constellation à Crans-Montana. Alors que la station de ski suisse tente de panser ses plaies après la nuit la plus sombre de son histoire, de nouveaux éléments viennent assombrir le tableau déjà tragique de l’incendie meurtrier du Nouvel An 2026. Ce n’est plus seulement une question de malchance ou de fatalité, mais celle de choix délibérés qui auraient pu coûter la vie à 41 personnes et en blesser 115 autres.
La sécurité sacrifiée sur l’autel des économies
Tout commence par une décision technique, banale en apparence, mais aux conséquences dramatiques. Un ouvrier, fournisseur attitré du mobilier du club, a décidé de briser le silence. Il révèle que Jacques Moretti a explicitement refusé l’installation d’une mousse ignifuge sur le mobilier. La raison invoquée ? Une différence de prix jugée inacceptable par le gérant.
Selon les informations relayées par le média suisse Blick, la mousse traitée contre le feu était 15 % plus chère que la version standard. Pour le couple de Français, ce surcoût était un frein infranchissable. « Il la trouvait trop chère », confie l’artisan qui avait la charge d’équiper l’intégralité du local, des canapés au parquet. Cette négligence en matière de sécurité incendie place aujourd’hui les époux Moretti au cœur d’une tempête judiciaire sans précédent.
Un climat de terreur avant la catastrophe
Au-delà des aspects techniques, c’est l’atmosphère régnant au sein de l’équipe qui choque. La relation entre les propriétaires et leurs prestataires s’est rapidement dégradée, transformant le lieu de travail en un terrain hostile. L’ouvrier anonyme décrit des échanges tendus, culminant avec des menaces physiques d’une violence inouïe.
Après s’être montré « trop direct » avec Jessica Moretti concernant la gestion du chantier, le professionnel aurait reçu un avertissement brutal de la part de son employeur. La phrase résonne encore comme un sinistre présage : « On va te briser les os, les bras et les jambes ». Ces menaces proférées par Jacques Moretti témoignent d’un climat d’impunité qui régnait bien avant que les premières flammes ne ravagent le bar.
Des preuves disparues et un silence assourdissant
La suite de l’histoire est tout aussi troublante que le drame lui-même. Conscient de la gravité de la situation après l’incendie, l’ouvrier a transmis l’intégralité de ces échanges aux forces de l’ordre de Crans-Montana. Il s’attendait à voir ces éléments intégrés au dossier d’instruction pour établir la responsabilité des gérants.
Pourtant, le constat est amer : aucune trace de ces menaces ni du refus des normes de sécurité ne figure dans le dossier officiel. Le signalement aurait circulé de la police locale à la police cantonale, pour finir au Ministère public, avant de s’évaporer dans les méandres administratifs. Me Sébastien Fanti, avocat représentant plusieurs familles de victimes, ne cache pas son indignation face à cette disparition de preuves.
« Rien n’explique pourquoi ces courriels ne sont pas au dossier, alors qu’ils constituent des preuves clairement accablantes, susceptibles d’aboutir rapidement à une condamnation. »
L’influence des Moretti en question
Comment expliquer de telles lacunes dans une enquête aussi médiatisée ? Le fournisseur de meubles avance une hypothèse qui pourrait ébranler les institutions locales. Selon lui, le couple Moretti aurait justifié leur refus de se conformer aux normes de sécurité par leurs relations privilégiées.
« Elle m’a dit qu’ils n’avaient pas besoin de mobilier ignifuge, car ils avaient des proches occupant des postes élevés à la commune de Crans-Montana« , rapporte le témoin. Cette allégation de relations influentes suggère que le statut social aurait pu servir de bouclier face aux réglementations. Alors que Jacques et Jessica Moretti sont poursuivis pour homicide et incendie par négligence, ces révélations ajoutent une couche de complexité à une affaire qui promet de secouer durablement la Suisse.
