Dernier ultimatum : Rachida Dati sommée de quitter Matignon avant dimanche
Le face-à-face tendu entre Lecornu et Dati
Lors d’un entretien en tête-à-tête ces derniers jours, Sébastien Lecornu a signifié à Rachida Dati l’urgence de son départ. Le Premier ministre exigeait un retrait immédiat, tandis que la ministre souhaitait étaler son départ sur plusieurs jours pour le présenter comme un choix personnel dicté par sa campagne électorale parisienne. Ce désaccord sur le tempo a révélé une tension plus profonde : Rachida Dati bénéficiait d’une certaine latitude accordée par Emmanuel Macron, ce qui a nourri un bras de fer d’autorité avec le chef du gouvernement déterminé à rappeler qu’il « tient » son exécutif.
Officiellement, l’entourage de Rachida Dati refuse de confirmer une date précise. Mais plusieurs proches évoquent une « date choisie » pour transformer une mise à l’écart en acte volontaire. Une stratégie de communication destinée à marteler un message clair : « Je quitte le gouvernement pour Paris », et non sous la pression de Matignon.
Calendrier électoral et ajustement gouvernemental
Ce départ s’inscrit dans un mini-remaniement gouvernemental annoncé par la porte-parole Maud Bregeon « dans les jours à venir ». Prévu pour la semaine du 10 février ou, au plus tard, autour du 16 février 2026, cet ajustement concerne principalement les ministres engagés dans la bataille des élections municipales.
Outre Rachida Dati à Paris, plusieurs autres poids lourds devraient quitter leurs fonctions :
- Marina Ferrari, ministre des Sports, candidate à la mairie d’Aix-les-Bains
- Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée à l’autonomie, souhaitant retrouver son siège de députée du Nord
- Gérald Darmanin, dont le sort reste suspendu à ses ambitions présidentielles pour 2027
Ces départs anticipés illustrent la difficulté croissante de concilier responsabilités gouvernementales et campagnes électorales locales dans un climat politique tendu.
Darmanin : le casse-tête des ambitions 2027
Au-delà des municipales, l’avenir de Gérald Darmanin cristallise les tensions au sein de la majorité. Ministre de la Justice et proche de longue date de Sébastien Lecornu, il ne cache plus ses visées sur l’Élysée. En appelant récemment à ce qu’« il y ait urgence à s’entendre » pour unir centre et droite derrière « un seul candidat » à l’été 2027, la garde des Sceaux se projette ouvertement dans la course présidentielle.
Cette posture entre en contradiction directe avec la ligne imposée par Matignon : aucun ministre ne doit se positionner officiellement pour 2027 avant 2026. Le départ de Rachida Dati apparaît ainsi comme le premier acte visible d’un équilibre délicat entre recomposition gouvernementale immédiate et préparatifs de la bataille présidentielle à venir.
Enjeux d’image et recomposition politique
La gestion du départ de Rachida Dati révèle les fragilités d’un exécutif en pleine mutation. D’un côté, Sébastien Lecornu doit affirmer son autorité face à des ministres aux ambitions personnelles affirmées. De l’autre, Emmanuel Macron tente de préserver une cohérence stratégique alors que les municipales de mars 2026 serviront de test grandeur nature avant l’échéance présidentielle.
Pour Rachida Dati, chaque heure compte désormais. Quitter trop tôt le gouvernement risquerait de laisser penser qu’elle fuit ses responsabilités. Partir trop tard exposerait Matignon à des accusations d’ingérence dans la campagne parisienne. Entre ces deux écueils, le timing de sa démission deviendra un marqueur politique décisif pour la suite de sa carrière.
