Fin des DAB traditionnels : ces 3 banques remplacent leurs automates par un nouveau réseau en 2026
En France, le visage du retrait de billets est en train de changer. Finis les distributeurs aux couleurs familières de BNP Paribas, Société Générale ou Crédit Mutuel. À leur place, une nouvelle génération d’automates neutres, plus performants et accessibles à tous, se déploie à grande vitesse. Ce virage technologique, orchestré par un consortium bancaire inédit, promet non seulement des retraits gratuits pour des millions de Français, mais aussi une présence renforcée dans les zones rurales souvent délaissées.
Qui est derrière ce changement majeur ?
Le projet s’appelle Cash Services, géré par la Société des Services Fiduciaires (2SF). Il réunit trois géants du secteur : BNP Paribas, Société Générale et Crédit Mutuel Alliance Fédérale — propriétaire du réseau CIC. Ensemble, ils ont décidé de mutualiser leurs milliers de distributeurs automatiques de billets (DAB) pour créer un parc unique, moderne et plus rentable.
L’objectif ? Maintenir un accès libre au numéraire, même dans les communes sans agence bancaire, tout en réduisant les coûts d’exploitation. Une stratégie à la fois économique et sociale, alors que l’usage du cash reste élevé chez près de 40 % des Français.
7 000 nouveaux automates d’ici fin 2026
Le calendrier est ambitieux. En juin 2025, 1 000 sites avaient déjà été convertis. À la fin de cette même année, près de 3 000 automates auront basculé sous la marque Cash Services. Et d’ici décembre 2026, ce sont **7 000 points de retrait** qui auront été entièrement modernisés.
Ces nouveaux terminaux ne se contentent pas de distribuer des billets. Ils permettent aussi le dépôt de chèques, le dépôt de billets, et même la consultation de soldes — le tout avec une interface personnalisée. « Dès que vous insérez votre carte, l’écran affiche l’environnement de votre propre banque », explique Olivier Fournier, président de 2SF.
Des avantages concrets pour les clients
Pour les usagers, la principale nouveauté est simple : plus de frais cachés. Auparavant, retirer de l’argent hors de son réseau pouvait entraîner des commissions. Désormais, tous les retraits sur les automates Cash Services sont gratuits pour les clients des trois banques partenaires.
Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette mutualisation ne signifie pas une perte de service. Au contraire : elle garantit une meilleure couverture géographique, notamment dans les territoires où les agences ferment les unes après les autres.
Et les communes sans banque ?
Une initiative clé accompagne ce déploiement : l’offre Collectivités locales, lancée au deuxième trimestre 2026. Elle permet aux mairies, même sans agence partenaire à proximité, d’installer un automate Cash Services sur leur territoire.
À condition, toutefois, qu’un seuil minimal d’activité soit atteint. Selon 2SF, un site devient viable à partir de **2 500 à 3 000 retraits mensuels**. Si ce seuil est respecté, la commune n’a rien à débourser. Sinon, une participation financière peut être envisagée — mais toujours au cas par cas.
Cette approche pragmatique vise à éviter les « automates fantômes », inutilisés et coûteux, qui ont parfois fleuri dans des zones peu denses.
Pourquoi ce virage était inévitable
Avec la fermeture accélérée des agences bancaires — plus de 1 200 depuis 2020 —, le maintien d’un accès équitable au cash devenait critique. Le gouvernement, les élus locaux et les consommateurs exigeaient des solutions durables. Cash Services y répond en combinant efficacité technique, neutralité commerciale et inclusion territoriale.
En somme, ce n’est pas la fin du DAB. C’est sa transformation en un service public bancaire moderne — silencieux, discret, mais essentiel.
