« La fête est finie » : le plan radical de Bruno Retailleau pour forcer les Français à travailler plus
Un diagnostic sombre sur la France d’aujourd’hui
Bruno Retailleau dresse un portrait inquiétant : dette publique galopante, pouvoir d’achat en berne, et sentiment généralisé d’appauvrissement. Selon lui, la racine du mal réside dans ce qu’il appelle un « social étatiste » — un système qui, selon ses mots, aurait découragé l’effort en rendant l’inactivité trop confortable. Une analyse contestée, mais qui fonde désormais sa feuille de route économique à l’approche de la présidentielle de 2027.
La fin des 35 heures… par la fenêtre
Le symbole le plus frappant de sa réforme ? La transformation radicale des 35 heures. Le dispositif ne serait pas aboli officiellement, mais vidé de son sens via un calcul annualisé fixé à 1 623 heures par an — soit l’équivalent de deux journées supplémentaires de travail. Au-delà, les salariés verraient leurs heures majorées… mais surtout exonérées d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales (hors CSG-CRDS).
Les entreprises, elles, bénéficieraient d’une suppression totale des cotisations patronales sur ces mêmes heures. Objectif affiché : alléger le coût du travail. Objectif réel : inciter — voire contraindre — à travailler plus, toujours plus.
Aides sociales plafonnées, chômage resserré
Pour creuser l’écart entre activité et inactivité, Bruno Retailleau propose de fusionner le RSA, la prime d’activité et l’allocation de solidarité spécifique en un seul revenu d’incitation à l’activité. Condition sine qua non : justifier de 15 heures de travail hebdomadaire. En dessous ? Plus rien.
Parallèlement, France Travail verrait ses pouvoirs renforcés : trois refus d’offres « raisonnables » entraîneraient des sanctions. Les ruptures conventionnelles seraient encadrées, et le cumul emploi-retraite rendu plus attractif pour les seniors — mais uniquement sur la base du volontariat.
Un plafond unique… et une logique punitive
Autre pilier du dispositif : la création d’un compte social unique regroupant toutes les aides d’un foyer. Ce compte serait plafonné à 70 % du SMIC, garantissant — selon Retailleau — que « le travail reste toujours plus rentable que l’assistance ». Une formule qui sonne comme une menace pour les plus précaires.
Au total, ces mesures viseraient à générer près de 10 milliards d’euros d’économies. Mais à quel prix humain ? Alors que de nombreux travailleurs peinent déjà à boucler leurs fins de mois, ce plan risque moins de redonner du sens au travail que d’en aggraver la pénibilité — morale autant que matérielle.
