La bibliothèque secrète des Bardot révèle des racines extrémistes inattendues
Un héritage intellectuel marqué par l’extrême droite
En 1978, à la mort de sa mère Anne-Marie Bardot née Mucel, le fils de l’actrice, Nicolas Charrier, hérite d’un bien inattendu : la bibliothèque familiale. À l’intérieur, des ouvrages rares et controversés, dont un exemplaire dédicacé de Mein Kampf par Adolf Hitler lui-même. Ce n’est pas tout : des livres de Joseph Goebbels, de Hermann Göring, de l’écrivain raciste Arthur de Gobineau, et du collaborationniste Pierre Drieu La Rochelle figuraient aussi dans cette collection.
Ce type de bibliothèque n’a rien d’anecdotique. En France, Mein Kampf n’a jamais circulé largement dans les cercles bourgeois traditionnels. Sa présence dans un foyer du 16e arrondissement de Paris – quartier emblématique de la haute bourgeoisie – suggère un intérêt idéologique bien précis. Pas celui d’un historien curieux, mais d’un entourage marqué par des convictions extrémistes.
Une jeunesse entre autorité et contradictions
Brigitte Bardot a décrit son éducation comme sévère, voire violente. Gifles et coups de cravache étaient monnaie courante. Sa famille, catholique pratiquante et socialement homogène, incarnait les valeurs d’une bourgeoisie conservatrice profondément ancrée dans l’ordre moral. Pourtant, dans sa jeunesse, BB semblait défier ces normes : elle soutient le FLN, cache Antoine Bourseiller, plaide pour la légalisation de l’avortement, et entretient des liens avec des figures comme Robert Badinter.
Elle exprime aussi un certain éclectisme politique : admiration pour le Général de Gaulle, puis pour Valéry Giscard d’Estaing. Son engagement, dit-elle en 2018, se juge d’abord à l’aune de la cause animale. Mais c’est dans les années 1990, après son mariage avec Bernard d’Ormale – ancien proche de Jean-Marie Le Pen – que ses déclarations publiques prennent un virage nettement plus radical.
Des propos condamnés, une image écornée
En 2003, dans Un cri dans le silence, elle s’en prend violemment aux clandestins, aux homosexuels, aux chômeurs, et dénonce le métissage. Ce texte, qualifié d’ordurier par ses détracteurs, lui vaut l’une de ses cinq condamnations judiciaires pour incitation à la haine raciale. Son image, autrefois glamour et rebelle, en sort durablement abîmée.
Pourtant, rien ne prouve qu’elle ait lu les ouvrages extrémistes légués à son fils. Mais leur simple présence dans le foyer familial interroge : étaient-ils un simple reliquat de l’histoire intellectuelle de ses parents ? Ou un marqueur culturel transmis, même inconsciemment, à travers l’éducation et les valeurs du clan Bardot ?
Transmission familiale ou coïncidence troublante ?
Jacques Charrier, son deuxième mari, a révélé ces détails dans un livre aujourd’hui oublié, Ma réponse à Brigitte Bardot, publié en 1997. Il y corrige certaines affirmations de l’actrice sur leur fils, mais surtout, il met en lumière l’environnement idéologique dans lequel elle a grandi. Pour lui, cette bibliothèque identitaire n’est pas un hasard.
Dans un contexte où le financement politique, les racines idéologiques et la transmission des croyances sont des sujets brûlants, cette révélation prend une dimension bien plus large. Elle questionne à la fois le rôle du milieu familial dans la formation des opinions, et la manière dont certaines idées extrémistes ont pu se perpétuer dans les cercles bourgeois, même après la Seconde Guerre mondiale.
Brigitte Bardot n’a jamais rompu avec ses parents. Elle a même maintenu un mode de vie de grande bourgeoise tout au long de sa vie. Ce qui laisse penser que, même si ses déclarations choquantes semblent surgir tardivement, elles peuvent s’inscrire dans une logique plus ancienne – une logique familiale, silencieuse, mais présente.
