Une propriétaire condamnée après avoir engagé des « gros bras » pour expulser un squatteur : justice ou injustice ?
Elle pensait reprendre le contrôle de sa maison squattée en Gironde. Elle a été condamnée à 12 mois de prison avec sursis. Voilà l’histoire d’une propriétaire confrontée à l’impuissance du système, qui a préféré régler elle-même ses comptes — et en paie aujourd’hui le prix devant la justice.
Le drame immobilier qui a dégénéré
Dans une commune de Gironde, une propriétaire vit un cauchemar devenu courant : sa maison est occupée illégalement. Après des mois d’impasse administrative et judiciaire, elle décide de passer à l’action. Elle débourse 5 000 euros pour recruter deux hommes chargés de déloger manu militari le squatteur.
Opération « musclée », mais rapide. Le problème ? Ce recours à la violence privée est strictement interdit par la loi. Même lorsque la victime est, comme ici, la véritable propriétaire des lieux.
La justice tranche : condamnations pour tous
Le tribunal correctionnel de Bordeaux a rendu son verdict en 2024. La propriétaire écope de 12 mois de prison avec sursis. Les deux exécutants, eux, sont condamnés respectivement à 10 et 12 mois de prison avec sursis. Ils avaient déjà passé trois mois en détention provisoire avant d’être libérés.
En plus de leur peine, les deux hommes devront verser 1 200 euros de dommages et intérêts au squatteur — un détail qui a fait bondir de nombreux internautes, tant la situation apparaît paradoxale.
Pourquoi la loi protège-t-elle le squatteur ?
En France, la protection contre les expulsions abusives s’applique même aux occupants illégaux, tant qu’ils sont présents dans les lieux depuis plus de 48 heures. La jurisprudence est claire : seul un officier de justice, mandaté par un juge, peut procéder à une expulsion légale.
« C’est une question de principe de légalité », expliquent les spécialistes. « Même face à une injustice, la loi ne permet pas la justice privée. » Pourtant, cette affaire cristallise un malaise croissant : celui d’un système perçu comme inadapté face à l’urgence du squat.
Une affaire qui divise l’opinion publique
Depuis le jugement, les réactions sur les réseaux sociaux sont explosives. Des milliers d’internautes dénoncent une double peine : la propriétaire perd son bien, puis sa liberté juridique. D’autres rappellent que la violence ne peut jamais être une solution, même dans des cas extrêmes.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large : en 2025, le gouvernement a annoncé un plan anti-squat renforcé, avec des délais d’expulsion raccourcis et une meilleure coordination entre préfectures et forces de l’ordre. Mais pour cette propriétaire, la mesure arrive trop tard.
