Jordan Bardella pris pour cible à Moissac : un œuf, une plainte et une France divisée
Samedi 29 novembre 2025, en pleine séance de dédicaces à Moissac, Jordan Bardella a été visé par un projectile inattendu : un œuf lancé en pleine tête. L’acte, perpétré en public et capté par plusieurs témoins, a immédiatement déclenché une réaction sécuritaire et juridique. Le président du Rassemblement national, visiblement choqué mais maître de lui, a déposé plainte quelques heures plus tard — un geste symbolique dans un climat politique de plus en plus tendu.
Moissac (82) : Jordan Bardella agressé lors d'une séance de dédicaces ; l'homme de 70 ans, qui s'est jeté sur le président du RN, placé en garde à vuepic.twitter.com/K9V7xaADFC
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) November 29, 2025
L’incident de Moissac : chronologie d’une attaque symbolique
En milieu d’après-midi, dans une librairie du Tarn-et-Garonne, Jordan Bardella signait son ouvrage Ce que veulent les Français. Après un bref entretien avec la presse, il a salué ses lecteurs. C’est alors qu’un homme, décrit comme « assez âgé » par les autorités locales, s’est avancé et lui a jeté un œuf avec précision.
La sécurité a neutralisé l’individu en quelques secondes. Placé en garde à vue, il fait désormais l’objet d’une enquête pour violence contre une personnalité publique. Le Rassemblement national a déposé une plainte collective, invoquant un climat de haine croissant à l’encontre de ses dirigeants.
Un précédent à Vesoul, quatre jours plus tôt
Cet épisode ne survient pas en vase clos. Mardi 25 novembre, à Vesoul, Jordan Bardella avait déjà été enfariné par un lycéen. Ce dernier, interpellé pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, illustre une tendance inquiétante : l’usage de gestes spectaculaires pour dénoncer ou ridiculiser des figures politiques.
Ces attaques, bien que non létales, soulèvent des enjeux fondamentaux sur la sécurité des rassemblements politiques et la liberté d’expression en démocratie. Où s’arrête la contestation légitime ? Et où commence la violence symbolique punissable par la loi ?
Manifestants présents, lien établi par le RN
En marge de la dédicace, environ 50 personnes manifestaient contre la présence de Jordan Bardella. Si aucun lien direct n’a été prouvé entre eux et l’auteur de l’agression, la direction du parti affirme que ce climat a « encouragé » l’acte. Une interprétation contestable, mais révélatrice d’une fracture sociale profonde.
Pourtant, le maire de Moissac a insisté sur le caractère isolé de l’acte, refusant toute stigmatisation collective. « Il ne faut pas confondre contestation citoyenne et actes irresponsables », a-t-il déclaré.
Jordan Bardella, entre résilience et stratégie médiatique
Évacué pendant une vingtaine de minutes, le dirigeant du RN est revenu souriant vers ses supporters. Ce retour rapide, soigneusement orchestré, vise autant à rassurer qu’à affirmer sa stature. Dans un contexte électoral tendu — notamment avec l’affaire de l’inéligibilité de Marine Le Pen — chaque geste compte.
Alors que les Français s’interrogent sur le salaire d’un député en 2025 ou les mécanismes du financement politique, de tels incidents déplacent le débat vers des questions de respect, de sécurité et de civilité démocratique.
