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Alerte à l’Institut du Monde Arabe : Jack Lang quitte ses fonctions après l’enquête Epstein

En bord de Seine, dans le 5ᵉ arrondissement parisien, l’Institut du Monde Arabe (IMA) impressionne par ses 240 moucharabiehs mobiles et son architecture signée Jean Nouvel. Inauguré en 1987, ce lieu emblématique de dialogue culturel traverse aujourd’hui une crise institutionnelle sans précédent. Jack Lang, président de l’institution depuis des années, a proposé sa démission suite à l’ouverture d’une enquête du Parquet national financier.

Une enquête judiciaire aux contours précis

Le Parquet national financier a ouvert une procédure pour blanchiment de fraude fiscale aggravée. L’enquête cible les liens amicaux et financiers supposés entre Jack Lang, son entourage familial — notamment sa fille Caroline — et le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein. Aucune condamnation n’a été prononcée à ce stade ; l’ancien ministre de la Culture dénonce des « accusations infondées ».

Convoqué dimanche 8 février 2026 par le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, Jack Lang a anticipé la pression en annonçant samedi son départ imminent, officialisé lors d’un conseil d’administration extraordinaire sous sept jours. Le Quai d’Orsay et l’Élysée ont pris acte de cette décision.

Statut juridique atypique et fragilités structurelles

L’IMA n’est pas un établissement public classique. Créé en 1980 par un accord entre la France et 22 États arabes, il fonctionne sous la forme d’une fondation de droit privé reconnue d’utilité publique. Si l’État français lui alloue 12,3 millions d’euros annuels depuis 2017, le soutien des pays arabes (Arabie saoudite, Qatar, Koweït) reste ponctuel. La Cour des comptes, dans son rapport du 9 décembre 2024, note un « désengagement relatif » de ces partenaires historiques.

L’institution souffre d’un déficit structurel préoccupant, d’un rayonnement « principalement parisien », d’un musée jugé « inadapté » et d’une bibliothèque en déclin. Seule sa programmation événementielle recueille des observations positives.

Rémunération et gouvernance : les zones de vigilance

Jack Lang perçoit une indemnité de fonction fixe depuis 2013 : 111 000 euros bruts annuels (9 250 €/mois), jugée « dans le bas de la fourchette » par la Cour des comptes comparée à des organismes similaires. Néanmoins, le rapport souligne un fonctionnement opaque : collaborateurs non listés à l’organigramme, rémunérations parfois contestables, présence de proches (épouse Monique Lang, conseiller Claude Mollard) dans l’entourage immédiat du président.

Cette configuration nourrit les interrogations sur la transparence de la gestion financière de l’IMA, alors que l’institution doit devenir pleine propriété de l’État fin 2038, à l’issue de son bail emphytéotique de 50 ans.

Transition en cours, défis persistants

Jean-Noël Barrot a annoncé la convocation d’un conseil d’administration sous sept jours pour désigner un président par intérim. Au-delà du départ de Jack Lang, l’avenir de l’IMA dépendra de sa capacité à réformer en profondeur sa gouvernance, à renforcer sa transparence et à recentrer sa mission initiale : promouvoir les cultures arabes avec exigence et indépendance.

Karim

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