Philippe Bilger rompt le silence après son éviction de CNews
À 82 ans, l’ancien magistrat Philippe Bilger ne mâche pas ses mots. Écarté de CNews fin janvier 2026 sans explication officielle, il dénonce dans Le Monde une « atmosphère d’étouffement », une « pensée unique » et même une « inquisition sourcilleuse ». Son départ, loin d’être vécu comme une rupture douloureuse, est pour lui un véritable soulagement.
Je viens d’apprendre à l’instant que #SergeNedjar ne souhaite plus ma présence sur les deux plateaux qui me restaient encore à @cnews le mercredi de midi à 14 heures avec habituellement @SoMabrouk et le jeudi matin avec @PascalPraud .
— Philippe Bilger (@BilgerPhilippe) January 23, 2026
Une rupture médiatique aux relents politiques
Depuis le 23 janvier 2026, les téléspectateurs de CNews ne voient plus Philippe Bilger sur les plateaux de L’Heure des Pros, l’émission phare animée par Pascal Praud. L’ancien chroniqueur révèle avoir appris son éviction via un message interne : Serge Nedjar, directeur de la chaîne, ne souhaitait plus sa présence, ni le mercredi midi avec Sonia Mabrouk, ni le jeudi matin avec Praud.
Le départ de CNews de Philippe Bilger est une excellente nouvelle pour l’octogénaire qui se mettait dans tous ses états à la simple évocation du nom de Nicolas Sarkozy 😄
pic.twitter.com/bqYcYIb1Ll— Destination Télé (@DestinationTele) January 24, 2026
Pourquoi ce retrait soudain ? Aucune raison officielle n’a été communiquée. Mais tout porte à croire que ses prises de position critiques — notamment sur Nicolas Sarkozy ou Israël — ont heurté la ligne éditoriale de la chaîne.
Des propos qui dérangent
Le 27 octobre 2025, lors d’un direct tendu, Bilger avait osé remettre en cause l’innocence présumée de Nicolas Sarkozy. Une remarque jugée inacceptable par Pascal Praud, qui a depuis limité drastiquement ses interventions. Quelques mois plus tard, c’est la rupture définitive.
Dans un article du Monde intitulé « L’Heure des pros, l’extrême droite à l’antenne sur CNews », Bilger assénait : « Il y a deux mamelles fondamentales sur CNews : Sarkozy est innocent de tout, comme Israël. » Une formule cinglante, symptomatique d’un climat qu’il juge désormais incompatible avec ses convictions.
Une chaîne en crise d’identité
L’éviction de Bilger s’inscrit dans un contexte plus large de tensions internes. Depuis la décision de maintenir Jean-Marc Morandini à l’antenne — malgré sa condamnation pour corruption de mineurs — plusieurs figures emblématiques ont pris leurs distances. Sonia Mabrouk, Pascal Praud et Laurence Ferrari ont exprimé leur malaise, tandis qu’un Complément d’enquête diffusé sur France 2 en novembre 2025 pointait du doigt certaines pratiques éditoriales de la chaîne.
Aujourd’hui, CNews traverse ce que beaucoup qualifient de crise majeure, à la fois morale, journalistique et stratégique.
Un départ libérateur
Contre toute attente, Philippe Bilger ne regrette rien. « Je suis profondément soulagé de ne plus appartenir à cette chaîne d’opinions », confie-t-il. Il ajoute, avec une pointe d’ironie : « Pour laquelle j’étais fier de représenter le “S” à la fin d’“opinions”. »
Pour lui, CNews incarne désormais une pensée unique, une « philosophie totalitariste » où la critique est malvenue. Dans cet environnement, son rôle de magistrat indépendant devenait impossible à tenir.
Un témoignage qui interpelle
Le cas Bilger illustre les tensions croissantes entre liberté d’expression et alignement idéologique dans les médias d’opinion. À l’heure où les audiences se jouent sur les polémiques, son départ marque peut-être un tournant : celui où certains refusent de sacrifier leur intégrité intellectuelle au nom de la visibilité médiatique.
Son témoignage, franc et sans concession, résonne comme un appel à repenser les fondements du débat public — surtout là où il prétend incarner la pluralité.
