Incendie de Crans-Montana : des mineurs non accompagnés dans le bar ? L’enquête révèle des failles inquiétantes
Un bilan humain sans précédent
Le drame s’est déroulé peu après 1 h 30 du matin, dans un sous-sol bondé de fêtards venus de toute l’Europe. La panique a gagné la foule dès les premières flammes. Les secours ont affronté un chaos total : issues mal signalées, extincteurs inaccessibles, densité humaine excessive.
Les victimes identifiées incluent des ressortissants suisses, français, italiens, belges et portugais, reflétant l’attrait international de la station hivernale. Mais ce sont surtout les âges des plus jeunes qui interpellent : des adolescents à peine entrés dans l’adolescence, décédés dans un lieu censé respecter des règles strictes d’accès.
Une instruction pénale ciblée
Les autorités suisses ont ouvert une instruction pénale visant les deux gérants français de l’établissement. Ils sont soupçonnés d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence. La présomption d’innocence reste de mise, mais les faits semblent accablants.
L’enquête se concentre sur plusieurs points critiques : la conformité du lieu aux normes de sécurité incendie, la capacité maximale autorisée, l’existence de travaux non déclarés, et surtout, le respect des règles d’accès en vigueur dans le canton du Valais.
La loi valaisanne sur les mineurs : flou ou laxisme ?
Incendie à Crans-Montana: que dit la loi suisse sur la présence des mineurs dans le bar et la vente d’alcool? pic.twitter.com/CLuDK7V9R8
— BFM (@BFMTV) January 5, 2026
En Suisse, chaque canton fixe ses propres règles. Dans le Valais, les mineurs de 16 ans peuvent légalement fréquenter un bar. Ceux de moins de 16 ans doivent être accompagnés d’un adulte responsable après 22 h — même s’ils ne consomment pas d’alcool fort.
Or, des témoignages concordants évoquent la présence de jeunes non accompagnés, certains âgés de seulement 14 ans, en pleine nuit du Nouvel An. L’absence de contrôles d’âge systématiques devient alors un élément central de l’enquête. Si ces faits sont confirmés, ils pourraient constituer une violation flagrante des règles de protection de la jeunesse.
Des failles qui auraient pu coûter des vies

Au-delà de la légalité, c’est la culture de sécurité qui est en cause. Des issues de secours insuffisantes, une signalétique absente, une surcapacité tolérée : autant de négligences qui ont transformé un incident en carnage.
L’incendie de Crans-Montana ne pose pas seulement la question de qui était autorisé à entrer. Il interroge la responsabilité collective face à la rentabilité à courte vue. Quand la sécurité devient secondaire, les conséquences peuvent être irréversibles.
