Mort de cette fillette de 10 ans : le jeu du foulard fait de nouveau basculer une famille dans le drame
Une tragédie silencieuse s’est jouée dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 janvier 2026, à Bruay-sur-l’Escaut, dans le Nord. Une fillette de 10 ans a été retrouvée en arrêt cardio-respiratoire à son domicile. Malgré l’intervention rapide des secours, elle n’a pu être ranimée. Les enquêteurs privilégient l’hypothèse d’un accident lié au jeu du foulard — une pratique d’asphyxie volontaire méconnue du grand public, mais redoutablement répandue chez les enfants. Ce drame, aussi brutal qu’inattendu, sonne comme un cri d’alerte urgent adressé aux parents, aux éducateurs et aux pouvoirs publics.
Un décès à la fois tragique et évitable
Autour de 1 heure du matin, l’appel d’urgence a retenti. L’enfant gisait inconsciente, présentant une légère trace de strangulation au cou. L’examen médico-légal a confirmé une privation d’oxygène aiguë. Aucune trace de violence extérieure n’a été relevée. Toute intervention criminelle a été écartée. Le père et les frères et sœurs présents sur les lieux ont brièvement été placés en garde à vue, puis relâchés. Tout indique qu’il s’agit d’un accident survenu en solitaire.
Ce n’est pas la première fois que de tels faits bouleversent la France. En juin 2025, une adolescente avait perdu la vie après avoir tenté le « Dusting », un défi viralisé sur les réseaux sociaux. Mais ici, la victime n’était même pas adolescente. Elle n’avait que 10 ans — un âge où l’on joue encore à cache-cache, pas à flirter avec la mort.
Le jeu du foulard : qu’est-ce que c’est exactement ?
Également connu sous les noms de « rêve bleu » ou « jeu de la tomate », ce « jeu » consiste à provoquer intentionnellement une asphyxie hypoxique. L’enfant retient sa respiration, s’hyperventile, ou comprime ses carotides à l’aide d’un foulard, d’une ceinture, voire de ses propres mains. L’objectif ? Provoquer un vertige, une sensation de flottement, parfois des hallucinations — un « high » cérébral provoqué par le manque d’oxygène.
Pourtant, ce mécanisme est d’une extrême dangerosité. En quelques secondes, le cerveau peut basculer dans une défaillance irréversible. L’arrêt cardiaque, le coma, ou la mort subite surviennent sans avertissement. Et contrairement aux idées reçues, ces pratiques ne concernent pas seulement les collégiens ou lycéens. Elles touchent des enfants dès l’âge de 6 ou 7 ans — souvent dans l’intimité de leur chambre, loin de tout regard adulte.
Des signes d’alerte que l’on sous-estime
Les enfants ne jouent pas à la mort par malveillance. Ils le font par curiosité, par imitation, ou parce qu’un « défi TikTok » leur a présenté cela comme inoffensif. Mais derrière cette apparente innocence se cache un risque mortel. Heureusement, certains signaux doivent alerter :
- Marques rouges ou ecchymoses autour du cou
- Maux de tête récurrents sans cause médicale
- Difficultés de concentration ou troubles de la mémoire
- Irritabilité soudaine ou retrait social
- Présence inexpliquée de cordes, foulards ou ceintures dans la chambre
Un enfant qui cache systématiquement son cou ou qui évoque des « rêves étranges » après avoir « fait un jeu » doit être écouté — sans jugement, mais avec fermeté.
Prévention : informer, sans dramatiser ni banaliser
Interdire ne suffit pas. Il faut expliquer. Les parents et enseignants doivent aborder le sujet avec clarté : ces jeux peuvent tuer. Pas « peut-être ». Pas « dans de rares cas ». Oui, tuer. Une seule tentative peut suffire. L’anoxie cérébrale ne pardonne pas. Même si l’enfant se réveille, des lésions neurologiques irréversibles peuvent s’installer — altérant à vie ses capacités cognitives.
Face à l’explosion des contenus à risque sur les plateformes comme TikTok ou Instagram, la vigilance doit être quotidienne. Les plateformes suppriment parfois ces contenus, mais trop lentement. La première ligne de défense, c’est la parole adulte.
Un drame qui ne doit pas se répéter
La mort de cette fillette de 10 ans n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une série de décès silencieux, souvent mal compris, rarement médiatisés à leur juste mesure. Pourtant, chaque année, des dizaines d’enfants sont hospitalisés après avoir participé à ces « jeux ». Certains en réchappent. D’autres non.
Parler du jeu du foulard, c’est briser un tabou. C’est admettre que même les plus jeunes peuvent être exposés à des dangers invisibles. Et c’est rappeler une vérité douloureuse : dans ce cas, la solitude est fatale.
