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Macron active l’urgence démocratique… ou la censure numérique ?

Alors que le débat public se concentre sur la protection des enfants en ligne, une autre logique semble s’imposer en coulisses. Emmanuel Macron invoque désormais la « procédure accélérée » pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Mais derrière cette mesure apparemment bienveillante se cache-t-il un projet plus vaste ? Les signaux sont troublants.

Une urgence justifiée… ou instrumentalisée ?

Le président affirme avoir lancé cette initiative après des « débats en province ». Pourtant, lors de ces rencontres, il parlait peu de sécurité numérique des mineurs. Il évoquait surtout les ingérences étrangères, la démocratie en péril et les prochaines élections européennes. La protection des enfants servirait-elle de paravent à une ambition plus large ?

Car l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans ne peut fonctionner sans un système d’identité numérique obligatoire. C’est mathématique. Et ce n’est pas anodin.

L’identité numérique : tremplin vers un contrôle généralisé ?

Instaurer une vérification d’âge stricte implique de lier chaque compte à une identité certifiée. Cela ouvre la voie à un contrôle accru des contenus en ligne, à la traçabilité des opinions, voire à une forme de modération algorithmique centralisée.

Ce n’est plus seulement une question de protection des mineurs. C’est celle de savoir qui décide de ce qui est dit, partagé, vu — et par qui.

Des objectifs flous, des conséquences précises

Officiellement, la mesure vise à :

  • Protéger les jeunes des contenus toxiques
  • Limiter l’addiction aux écrans
  • Renforcer la sécurité en ligne

Mais dans les faits, elle exige :

  • La création d’un système d’authentification universel
  • La collecte massive de données personnelles
  • Un pouvoir accru pour les plateformes et l’État sur la liberté d’expression numérique

Le spectre du « crédit social » européen

Les critiques redoutent un glissement vers un modèle de surveillance sociale, où chaque interaction en ligne pourrait être notée, filtrée, voire sanctionnée. Ce n’est plus de la science-fiction. Des pays voisins expérimentent déjà des systèmes de notation citoyenne.

Et si la France, sous couvert de régulation des réseaux sociaux, posait les premières pierres d’un tel dispositif ?

Qui profite de la sidération médiatique ?

Face au style vestimentaire ou aux accessoires du président — comme ses fameuses lunettes — les médias s’égarent parfois dans des commentaires superficiels. Pendant ce temps, des décisions structurelles avancent à toute vitesse.

La procédure législative accélérée permet de court-circuiter les débats parlementaires approfondis. C’est utile en cas de crise… mais dangereux quand le sujet touche aux fondements de la liberté numérique.

En somme, ce n’est pas tant l’interdiction en soi qui inquiète. C’est le mécanisme qu’elle impose : un contrôle d’identité en ligne obligatoire, étendu à tous, au nom de la protection d’une minorité.

Karim

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