Incendie en Suisse : état critique des victimes, transferts d’urgence et failles sécuritaires révélées
Plus de 48 heures après l’incendie dévastateur de la discothèque Le Constellation à Crans-Montana, la situation médicale des survivants reste dramatique. Dans les unités de soins intensifs, des dizaines de jeunes luttent entre la vie et la mort, leurs corps ravagés par des brûlures graves. Le bilan humain, déjà lourd, pourrait encore évoluer.
Qui sont les victimes et où sont-elles soignées ?
Quatorze patients sont encore hospitalisés à l’Hôpital universitaire de Lausanne (CHUV), principal centre de traitement des grands brûlés en Suisse romande. La majorité d’entre eux ont entre 16 et 26 ans. Parmi eux, au moins un ressortissant français. Deux enfants ont été transférés vers des centres spécialisés en Europe, accompagnés de six adultes.
Des blessures d’une rare gravité
Certains patients présentent des brûlures profondes affectant plus de 60 % de leur surface corporelle. Ce type de lésion exige plusieurs mois de soins intensifs, de multiples interventions chirurgicales et un suivi psychologique à long terme. Le médecin Olivier Pantet, spécialiste des grands brûlés au CHUV, souligne que la plupart des patients sont actuellement intubés et dans le coma. Seule une minorité a pu être réveillée et communique avec l’équipe médicale.
Pourquoi ces transferts internationaux ?
Face à l’afflux massif de victimes, les autorités sanitaires suisses ont activé un dispositif de transfert transfrontalier. Des patients ont été acheminés vers des centres spécialisés en brûlures en France, en Belgique, en Allemagne et en Italie. Ces structures disposent de lits, de personnel et de protocoles adaptés à ce type de traumatisme complexe.
Origine du feu : des bougies… et un matériau hautement inflammable
La procureure générale du Valais a confirmé que toutes les hypothèses étaient encore à l’étude. Néanmoins, les premiers éléments pointent vers des bougies décoratives posées sur des bouteilles de champagne. Une étincelle aurait enflammé une mousse antibruit au plafond.
Un isolant interdit ?
Le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, Thierry Fontaine, ne cache pas son indignation : “C’est une folie d’avoir mis ça au plafond.” Ce type de complexe isolant s’enflamme instantanément et propage le feu à une vitesse fulgurante. L’enquête devra déterminer si les normes de sécurité incendie ont été respectées.
Un drame aux répercussions durables
Bien au-delà du bilan immédiat — 40 morts et 119 blessés —, cette tragédie interroge sur la sécurité des lieux publics en Europe. Les familles attendent des réponses. Les rescapés, un début de reconstruction. Et les autorités, une révision urgente des réglementations en vigueur.
