Incendie de Crans-Montana : le cuisinier mis en cause par les gérants du Constellation sort du silence
Alors que l’enquête sur l’incendie meurtrier du Constellation à Crans-Montana suit son cours, une nouvelle révélation vient troubler la version des faits avancée par les gérants de l’établissement. Le cuisinier, pointé du doigt pour avoir verrouillé une sortie de secours, dément fermement ces accusations — et appelle à ce que les vidéos de surveillance soient rendues publiques. Dans un dossier déjà chargé de zones d’ombre, cette contradiction soulève de nouvelles questions sur la sécurité incendie dans les établissements recevant du public.
Les Moretti accusent un employé… qui dément
Le 20 et 21 janvier 2026, Jacques et Jessica Moretti, gérants du Constellation, ont été entendus par la justice suisse dans le cadre d’une enquête pénale pour homicide par négligence. Devant les juges et les avocats des parties civiles, ils ont affirmé qu’un employé — leur cuisinier — aurait verrouillé une issue de secours située près du bar, au sous-sol.
Selon leurs déclarations, cet employé aurait fermé le loquet supérieur de la porte après y avoir apporté des glaçons, sans raison apparente. Jessica Moretti a même ajouté qu’il se « sentait coupable », tandis que son mari aurait tenté de le contacter pour lui demander de « ne pas fuir ».
La version du cuisinier : « Je n’ai pas fermé une porte déjà fermée »
Contacté par Le Parisien, le cuisinier, également ressortissant français, rejette en bloc ces allégations. Il explique avoir été sollicité en dehors de ses heures de service pour un simple coup de main. « Pendant que j’étais sur place, un client m’a demandé d’ouvrir la porte côté bar. Je n’ai pas réussi à ouvrir le verrou, situé à environ deux mètres de hauteur », affirme-t-il.
Il insiste : la porte était déjà verrouillée lorsqu’il y est passé. « Je n’ai donc pas fermé une porte déjà fermée », martèle-t-il. Il précise aussi avoir quitté la Suisse non par fuite, mais parce que rester sur place était « trop douloureux » après le drame.
Des caméras de surveillance au cœur du débat
Le cuisinier espère désormais que les images de vidéosurveillance pourront confirmer sa version. Il affirme que les caméras fonctionnaient encore au moment de son départ. Une séquence diffusée par France 2 montre d’ailleurs qu’une chaise bloquait cette même sortie quelques minutes avant l’incendie — un détail qui pourrait peser lourd dans l’enquête.
Contrôles de sécurité : les responsables municipaux dans le viseur
Au-delà de la controverse entre employeur et employé, les avocats des parties civiles exigent désormais d’entendre des représentants de la commune de Crans-Montana. Leur objectif : comprendre pourquoi les normes de sécurité incendie n’ont pas été respectées, ou du moins, pourquoi aucun contrôle rigoureux n’aurait relevé ces manquements avant le drame.
Le cuisinier, lui, ne cache pas sa frustration : « Je ne suis pas satisfait du tout de la façon dont [Jacques Moretti] a géré les choses. Mais si certaines personnes qui contrôlent les établissements ne lui ont rien dit… » Une phrase qui résume bien l’ambiguïté entourant les responsabilités partagées en matière de sécurité dans les ERP (Établissements Recevant du Public).
Pourquoi cette affaire interpelle au-delà de la Suisse
L’incendie du Constellation, qui a fait plusieurs victimes, met en lumière des failles potentielles dans la gestion de la sécurité incendie en hôtellerie — un sujet sensible, surtout dans les stations de ski fréquentées par des touristes internationaux. Les questions sur la formation du personnel aux risques d’incendie, la conformité des matériaux utilisés (comme la mousse isolante suspectée), ou encore l’accessibilité des issues de secours sont désormais au cœur du débat public.
Dans un contexte où les normes de sécurité sont censées être strictement appliquées, chaque détail compte Et chaque témoignage, comme celui de ce cuisinier, peut changer la donne.
