Elle gagne 600€ par mois en louant la moitié de son lit — et appelle ça du « respect »
Dans un monde où le loyer d’un placard à balais coûte plus cher qu’un salaire d’adjointe au maire, Monique Jeremiah a trouvé la solution ultime : transformer son lit en Airbnb horizontal. Oui, vous avez bien lu. Pas une chambre. Pas un canapé. La moitié de son lit. Et non, ce n’est pas une blague de confinement prolongé. C’est une stratégie économique parfaitement assumée, baptisée « hot bedding », qui lui rapporte jusqu’à 600 euros par mois — le tout sous couvert de « respect de l’espace et des limites ». Comme si dormir à 30 centimètres d’un inconnu en silence absolu relevait d’une philosophie zen plutôt que d’un cri de détresse sociale.
Qui dort avec Monique ? (Et surtout, pourquoi ?)
Monique, 36 ans, Australienne mais visiblement inspirée par la crise du logement à la française, ne propose ni câlins, ni conversation post-coffee, ni même un regard complice au réveil. Juste un oreiller, une couverture, et une frontière invisible tracée au milieu du matelas. Ses locataires — souvent des travailleurs précaires, des stagiaires ou des intermittents du spectacle — paient pour un toit, certes, mais surtout pour ne pas finir la nuit dans un parking souterrain. Le concept ? Dormir à deux, sans se voir, sans se toucher, sans exister l’un pour l’autre. Une performance sociale digne d’un roman de Houellebecq.
Quand le logement devient un luxe, le lit devient un revenu
En 2025, le loyer moyen d’une chambre en colocation atteint 508 € en France. Un studio, lui, grimpe à des sommets inatteignables pour les classes moyennes. Résultat : la colocation traditionnelle ne suffit plus. Alors, on innove. On mutualise. On compartimente. Et si nécessaire, on partage son sommeil comme on partagerait une prise électrique. Monique n’a pas inventé le hot bedding, mais elle en a fait un business model vertueux : « platonique », « sécurisé », « sans attentes ». En somme, l’anti-romance moderne, vendue au tarif d’un hôtel économique.
Où commence la vie privée quand le lit est monétisé ?
Sa chambre, décrite comme « calme » et « presque luxueuse », ressemble à un laboratoire social expérimental. Chaque invité signe tacitement un contrat de non-interaction. Écouteurs obligatoires. Position strictement sur le dos. Aucun ronflement toléré après 23h. C’est moins une location qu’un protocole de survie urbaine. Et pourtant, ça marche. Parce que dans certaines villes, avoir un toit, c’est déjà un privilège. Avoir un lit entier ? Un fantasme de rentier.
Pourquoi cette histoire nous concerne tous
Derrière le ton absurde se cache une réalité glaciale : quand le coût du logement dépasse les capacités de la majorité, les solutions deviennent… créatives. Colocations à six, chambres de 7 m², dortoirs clandestins, et maintenant, lits partagés. Ce n’est pas de la folie. C’est de l’adaptation. Monique ne vend pas de l’intimité — elle vend de l’oxygène immobilier. Et tant qu’il y aura des gens prêts à payer pour ne pas dormir dans leur voiture, son modèle restera tragiquement viable.
Et demain ?
Monique envisage d’augmenter ses tarifs. Après tout, si votre lit est aussi confortable qu’une suite quatre étoiles — mais sans room service, sans vue, et avec un inconnu respirant doucement à côté — pourquoi ne pas facturer le silence ? Le prochain pas logique ? Louer un tiers de lit. Ou proposer des abonnements mensuels avec option « draps changés ». L’innovation n’a pas de limite. Seulement des factures impayées.
