En arrêt maladie depuis 15 ans, il attaque IBM pour absence d’augmentation de salaire : la justice tranche
Il perçoit près de 5 125 euros par mois sans travailler depuis quinze ans — et pourtant, il estime ne pas être assez rémunéré. Ian Clifford, employé britannique d’IBM, a porté plainte contre son employeur en 2022, affirmant subir une discrimination liée au handicap parce que son salaire n’a pas été revalorisé malgré l’inflation. Une démarche audacieuse, voire paradoxale, qui a finalement été rejetée par la justice.
Un régime avantageux… mais jugé insuffisant
Depuis 2011, Ian Clifford est en arrêt maladie prolongé à la suite d’un diagnostic de leucémie de stade 4. Grâce à un plan de protection sociale mis en place par IBM, il perçoit 75 % de son salaire initial — soit environ 61 500 euros annuels. Un dispositif rare, généreux, et garanti jusqu’à ses 65 ans.
Pourtant, en pleine flambée inflationniste, le quinquagénaire a estimé que cette somme, figée depuis plus d’une décennie, ne suffisait plus à couvrir ses besoins ni à assurer l’avenir de son fils. Il a donc saisi le tribunal du travail de Reading, invoquant une violation de ses droits en tant que personne handicapée.
La justice rappelle les faits
Le juge n’a pas tardé à trancher. Dans son délibéré, il a souligné que Ian Clifford bénéficiait d’un « avantage très substantiel » et d’un « traitement favorable » comparé à la majorité des salariés en situation similaire. « Il reçoit une rémunération significative sans obligation de service, dans un cadre contractuel clair et respecté », a-t-il rappelé.
La plainte a donc été rejetée. Non pas parce que la préoccupation liée au pouvoir d’achat était infondée, mais parce qu’aucun droit légal n’oblige un employeur à indexer une indemnité de longue maladie sur l’inflation — surtout lorsqu’un accord volontaire, aussi généreux soit-il, est déjà en vigueur.
Un cas unique qui interroge
D’ici à ses 65 ans, Ian Clifford aura perçu près de 1,72 million d’euros sans exercer la moindre activité professionnelle. Une somme colossale, rendue possible par la politique sociale d’IBM — entreprise qui, malgré la procédure judiciaire, continue de respecter scrupuleusement ses engagements.
L’affaire soulève néanmoins des questions plus larges : dans un contexte d’inflation durable, comment garantir l’équité pour les travailleurs en incapacité de longue durée ? Et jusqu’où va la responsabilité morale d’un employeur au-delà de ses obligations légales ?
Pour l’heure, la réponse juridique est claire. Mais le débat, lui, reste ouvert.
