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Expulsé par son propre fils : un retraité de 78 ans contraint de vivre 19 mois dans sa voiture

Il avait ouvert les portes de sa maison à son fils dans le besoin. En retour, il s’est retrouvé à la rue — sans toit, sans clés, et sans famille. À Villeneuve-les-Sablons (Oise), Yves Gorse, 78 ans, a traversé un cauchemar familial qui dure encore dans les mémoires : 19 mois passés à dormir dans sa voiture, à quelques mètres à peine de chez lui, tandis que son propre enfant vivait dans sa propriété, barricadé comme un squatteur.

Un geste de solidarité familiale… qui tourne au drame

En 2019, après avoir appris que son fils Cyril et sa famille se retrouvaient sans logement à cause de loyers impayés, Yves Gorse leur propose un toit. Trois mois d’hébergement, pensait-il. Un geste normal entre père et enfant.

Mais la cohabitation devient rapidement tendue. Une dispute éclate. Le père quitte temporairement les lieux pour apaiser les tensions. Quand il revient, il découvre l’impensable : les serrures ont été changées, des caméras de surveillance installées, un code d’accès mis en place, et même des chiens de garde postés devant la maison qu’il possède depuis des décennies.

Un propriétaire privé de son propre logement

Malgré ses démarches auprès de la gendarmerie, de la préfecture et de la mairie, aucune intervention ne permet à Yves de récupérer son bien. La loi, dans ce cas précis, ne le protège pas comme elle le ferait face à un squat classique : car ici, l’occupant illégal n’est pas un inconnu, mais un membre de sa propre famille.

La ville lui propose une place en foyer pour personnes âgées. Il refuse. « Ce n’est pas ça que je veux, disait-il. Je veux rentrer chez moi. »

19 mois de vie dans un véhicule, à 78 ans

Privé de son domicile, sans ressources pour louer un appartement, Yves n’a d’autre choix que de dormir dans sa voiture, garée non loin de sa maison. Pendant 19 mois, il vit dans ce véhicule, en hiver comme en été, sans douche, sans intimité, sans dignité.

Désespéré, il écrit une lettre à Julien Courbet, animateur de l’émission Ça peut arriver. Le coup de projecteur médiatique qui suit change la donne.

Une mobilisation citoyenne et un retour tant attendu

Après le reportage diffusé en 2024, les téléspectateurs sont bouleversés. Une cagnotte solidaire est lancée et permet à Yves de séjourner à l’hôtel pendant plusieurs jours. Surtout, la pression médiatique pousse son fils à quitter les lieux.

Le 6 mai 2024, Yves récupère enfin les clés de sa maison. Mais l’émotion est tempérée par l’état des lieux : murs dégradés, sols souillés, installations vandalisées. La mairie de Villeneuve-les-Sablons s’engage alors à l’aider dans les travaux de remise en état.

Quand la loi peine à protéger les siens

Cette affaire soulève une question juridique cruciale : pourquoi un propriétaire expulsé par un proche n’a-t-il pas les mêmes recours qu’un propriétaire victime d’un squat étranger ? En France, la procédure d’expulsion est rapide face à un occupant illégal inconnu. Mais face à un parent, un enfant ou un conjoint, les tribunaux hésitent, invoquant souvent des liens familiaux ou des « droits d’usage » flous.

Pour les retraités comme Yves, cela peut signifier des mois, voire des années, d’exil forcé — dans leur propre quartier.

Karim

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